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Droite : Arnault soit qui mal y pense

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L’affaire des exilés fiscaux est à la droite ce que la délinquance est, ou était à la gauche. Un talon d’Achille, ou plutôt un talon de Crésus. De bout en bout la polémique autour de l’histoire belge de Bernard Arnault l’a illustré jusqu’à la caricature.

Il y a d’abord cette gêne à appeler un chat un chat. La volonté d’échapper au fisc est considérée comme un délit en France, des milliers et des milliers de gens sont punis chaque année, certains peuvent aller en prison, et il est clair que l’exil fiscal est une branche de ce sport national. Mais la droite est divisée sur sa dénonciation.

Chez elle, il y a en quelque sorte les « Vallsiens », les durs, Henri Guaino qui trouve que c’est honteux, ou Valérie Pécresse qui dit « ne pas comprendre Bernard Arnault », en ajoutant : « Ma nationalité c’est mon bien le plus précieux ».

Et puis il y a les « laxistes ». Ceux qui trouvent des excuses au pêcheur, sur un double thème connu. D’abord l’homme aurait souffert dans l’enfance de sa fortune, rien ne lui aurait été donnée, il se serait battu, il faudrait donc le comprendre. Ensuite s’il a commis une mauvaise action, ce n’est pas qu’il soit méchant, c’est la faute au système. Comme dit François Fillon : « Quand l’état prend des décisions stupides on arrive à des résultats effrayants »

Voilà pour le débat sur le fautif présumé dont le journal Libération se moque encore à la une, ce matin, à la manière du SMS à Cécilia, attribué en son temps, et sans doute à tort, à Nicolas Sarkozy : « Bernard, si tu reviens on annule tout ! »

Mais il y a une autre dimension, plus profonde peut-être, plus idéologique, dans les embarras de la droite. Dans ses discours la droite reproche à la gauche de considérer la richesse comme un gâteau à partager. Pour elle, la richesse n’est pas un objet fini, elle se crée en permanence, elle est un renouvellement, perpétuel.

Or voilà que des propriétaires partiraient avec leur tranche de cake, et que ça ferait un trou, un trou définitif. Aucun Bernard Arnaud jeune ne serait capable de remplacer l’ancien, en inventant, sur place, là où il habite, de nouvelles activités. Personne n’irait à la chasse en risquant de perdre sa place, puisque les places seraient acquises, comme le sang bleu. Ainsi, en contraignant ses aristos à un exil à Coblence, euh pardon, à Bruxelles, la France raterait le train de la modernité…

Dans ce mélange de morale et d’argent, d’économie nationale et d’économie mondiale, il y a encore plus piquant. La leçon de morale de Bernard Tapie. Il vient de s’acheter une villa à quarante sept millions d’Euros à Saint-Tropez, et un Yacht de 40 millions d’Euros, avec ce qu’il faut bien appeler l’argent des contribuables, et il regrette que son pays, trop étatique, décourage les créateurs…

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