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Du brouillard sur les législatives

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Attention chaussée glissante, et sondages incertains… On cite toujours les présidentielles de 2002 comme exemple de bavures des instituts, mais à tort. Ce sont les législatives, et de loin, qui sont les élections les plus complexes à prévoir.

Deux exemples : en 1997, quand Jacques Chirac dissout l’assemblée nationale, il ne le fait pas pour le plaisir de promouvoir la gauche. Il dispose de sondages qui indiquent une victoire de la droite. Et patatras dès le premier tour du 25 mai, où le score du PS est plus haut qu’attendu, puis catastrophe élyséenne le 1er juin, où la gauche devient majoritaire et Jospin Premier Ministre.

Même chose en moins spectaculaire aux législatives de 2007, qui suivent immédiatement l’élection de Nicolas Sarkozy. Les sondages prédisent après le premier tour une majorité de quatre cent, voire quatre cent cinquante sièges pour l’UMP et une raclée digne de 1993 pour le PS et la gauche.

Or surprise le 17 juin, la droite plafonne à 347 sièges, et la gauche est soulagée de sauver 226 députés.

Que s’est il passé dans les deux cas ?

Des mouvements classiques de derniers jours, situés dans la marge d’erreur, qui va en gros de 2,5 à -2,5%. Dans une présidentielle, cette marge d’incertitude a abouti le mois dernier à la relative déception de Jean-Luc Mélenchon ou à la demie surprise de Marine Le Pen.

Dans les législatives, qui se jouent au scrutin majoritaire, tous les mouvements sont amplifiés. Un glissement de un point peut valoir de dix à quinze sièges, donc la marge d’erreur peut peser jusqu’à cinquante ou soixante quinze députés.

Au brouillard des sondages s’ajoutent d’autre part deux inconnues, qui peuvent se conjuguer.

Premièrement la participation. Après les passions présidentielles, les législatives sont victimes d’une sorte de décompression. On attend soixante pour cent de votants. Si c’est le cas, un simple coup de pouce de mobilisation dans l’un ou l’autre camp peut avoir des conséquences notables.

Enfin, si la participation plafonne à ce niveau, donc faible, elle rendra difficile la qualification au second tour. Car pour se maintenir il faut désormais obtenir 12,5 % des inscrits, ce qui veut dire qu’avec 60% de votants, il faudra réussir un score de plus de 20% pour être en course au second tour.

Autant dire que cette barrière de 12,5% va grandement limiter le nombre de triangulaires, or ces triangulaires gênaient avant tout la droite.

A quarante huit heures du premier tour, la tendance lourde, celle des deux tours de l’élection présidentielle, pèse naturellement en faveur de la gauche, mais les incertitudes demeurent, et elles vont demeurer jusqu’à dimanche 20 heures, et peut-être jusqu’au soir du second tour.

Rendez-vous dans nos deux soirées spéciales, dimanche 19h45, avec Hervé Gardette, Jean Marc Four, et les équipes de France Culture

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