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Entre Villepinte et Le Bourget, la voie étroite du candidat Bayrou

2 min

Passons rapidement sur le meeting de Villepinte, tant est frappant le contraste entre l’effet d’annonce et ce qu’on a entendu. La masse des militants était bien au rendez-vous, Villepinte était bien un cratère, mais en guise d’éruption on a eu des fumeroles. Une révision de Shengen, une resucée de préférence communautaire, et un collage de commentaires répétés depuis des semaines voire des années. Si le président sortant doit être réélu, ce qui est concevable, il le devra à autre chose…

François Bayrou, l’invité de Radio France Politique hier, a qualifié de fantasme la remise en cause de l’accord de Schengen sur la libre circulation des personnes en Europe. Avec des paroles sévères : « On refait le même discours qu’il y a cinq ans, a dit le candidat du Modem… Il n’y a pas de président qui ait le plus fracturé son pays... Et François Bayrou a encore ajouté : « L’attaque contre les corps intermédiaires est une attaque qui affaiblit le pays »

Ce Bayrou a la dent tellement dure envers le président sortant qu’il ne pourra pas le rejoindre, entre le premier et le second tour.

Alors qui, s’il n’est pas qualifié ? On l’a bien sûr interrogé sur ses distances avec François Hollande.

Pas de réponse. Il refuse de choisir entre celui qu’il appelle le « candidat de la division », et celui qu’il qualifie de « candidat de l’illusion ». Il les renvoie dos à dos, et quand on lui demande, pour sourire, si l’un de ces deux dos ne lui paraît pas un peu moins inacceptable à ses yeux, il répond avec drôlerie : « Je ne pratique pas la politique de la préférence dorsale… »

C’est sa force et sa faiblesse. Sa force car il refuse d’envisager la question du désistement en assurant qu’il créera la surprise. Les électeurs seraient fatigués de la Sarkhollandie, et l’un d’eux favoris s’effondrerait bientôt, c’est son pari.

C’est aussi sa faiblesse, car qu’il le veuille ou non son élimination le 22 avril est, au minimum, une hypothèse envisageable, et il n’est pas sérieux de penser qu’un candidat aussi réaliste, aussi peu porté sur l’illusion, n’y songe pas dans son for intérieur.

François Bayrou sait parfaitement qu’il peut « ne pas être qualifié », et qu’il devra choisir, ou risquer d’être englouti, comme ces cinq dernières années. Il le sait, mais il ne peut pas le dire, car le dire reviendrait à admettre qu’il envisage sa défaite.

Ce qui rend son discours délicat, car il mélange des considérations politiques et morales, être le candidat qui dit toute la vérité, et des considérations tactiques, qui le conduisent à cacher ses cartes, c’est à dire à occulter une partie de la vérité pour les besoins de sa cause.

Il s’ensuit une contradiction. Une grande clarté dans la démarche et les principes, mais une grande incertitude sur le but de sa campagne.

Avec lui les électeurs savent où ils vont, sauf qu’ils l’ignorent absolument…

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