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Envie d'Europe, par Frédéric Métézeau

2 min

Nous avons tous vu ces images de manifestants ukrainiens emmitouflés dans la nuit drapeau européen à la main. Oubliés les drapeaux rouges du XXème siècle, oubliés les drapeaux orange du début du XXIème, voici les drapeaux bleus aux étoiles dorées. Bien sûr, ceux que l'on appelle les "pro-européens" font avant tout le choix de l'Europe en réaction à leur président pro-russe et à Vladimir Poutine, mais manifester pour intégrer - ou du moins se rapprocher - de l'Union Européenne cela doit faire rêver à Bruxelles ou Strasbourg alors qu'en France, en Italie, en Allemagne, les partis euro-sceptiques voire europhobes prospèrent, alors que le ministre de la Justice britannique menace de poursuivre la Commission en Justice, qu'il accuse d'accaparer toujours plus de pouvoirs. Les dirigeants de l'Union européenne devraient donc voir le soulèvement ukrainien comme une chance de donner du sens à cet espace de libre-échange, de l'âme à une bureaucratie qui régule l'accessoire et laisse filer l'essentiel. A 6 mois et demi des élections européennes où le FN peut déboucher, les politiques devraient réfléchir au message des Ukrainiens : si l'Europe fait encore rêver à l'extérieur, elle doit faire envie à l'intérieur. Car depuis une trentaine d'années, ses citoyens croient moins en elle, ils ont le sentiment qu'elle a seulement accouché du libre-échange, de la croissance molle et de l'austerité. Ce sont là 30 ans d'occasion manquées, de cécité et d'aveuglement. Même cécité, même aveuglement à propos de l'Ukraine : au mois de septembre l'Arménie interrompait 4 ans de discussions avec l'Union Européenne pour rallier l'union douanière russe et il y a quelques jours, à son retour de Kiev, le Commissaire à l'élargissement se disait "encouragé par la détermination du président" à accéder aux demandes de Bruxelles. Quelle clairvoyance ! D'ici le prochain scrutin européen, les partis non-extrémistes ont 6 mois et demi pour convaincre que le Parlement européen n'est pas une planque pour candidats en mal de mandat national et que l'Europe peut changer en bien la vie des électeurs. Mais les dirigeants européens doivent envoyer dès maintenant un message clair aux manifestants ukrainiens. Hier, quand Poutine qualifiait les manifestations pacifiques de "pogroms" et le Premier ministre de "coup d'Etat", les Etats-Unis réagissaient vivement. Pendant son temps la commission européenne publiait un communiqué de presse de la plus haute importance, sur la nomination de 5 membres à sacommission du contrôle budgétaire...

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