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Et maintenant : faute de sixième, la quatrième sous la cinquième...

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Et maintenant ? C’est la question du matin, dans toute la presse, avec une réponse dominante, celle du « pouvoir paralysé », comme se délecte la une du Figaro. Et maintenant ? En fait, maintenant, rien, car ça ne peut plus durer, mais ça va durer quand même. Ainsi le veut la cinquième république

C’est vrai que le pouvoir a beaucoup reculé. Taxe à 75%, loi sur la rémunération des patrons, taxe sur les plus-values, modulation des taux de TVA, Excédent brut d’exploitation, taxation de l’épargne, Ecotaxe…

A qui a-t-il cédé ? A une conjugaison de forces souvent disparates, comme en Bretagne, mais d’abord à un penchant personnel. Hollande a transféré à l’Elysée les coutumes des institutions locales. Arrondir les angles, dealer avec l’opposition, troquer une concession contre un petit avantage, ça se fait dans les territoires, et il y a excellé en Corrèze, obtenant même à force d’amabilité les bonnes grâces de Bernadette Chirac.

Un petit côté bisounours, hélas pour lui peu adapté à la fonction présidentielle, où tout se concentre sur un seul homme, toutes les attentes, toutes les contradictions, parfois toutes les férocités, il n’y a qu’à lire les journaux.

Prenez cette affaire d’écotaxe. L’opposition est triomphante. Elle exigeait sa tête et elle l’a eue. Or cette tête elle l’avait non seulement créé, mais avant même sa mise en place elle avait passé un contrat de 750 millions d’euros par an avec une société privée. 750 millions, qu’il faudra payer pendant onze ans, quoi qu’il arrive !

Le pouvoir a-t-il renvoyé le scandale à son propriétaire, comme jadis il renvoyait l’ascenseur à son opposition, au plan local. Non, il a endossé le chèque, et il incarne le naufrage, au point que ce recul, sur un dossier qui n’est pas le sien, est devenu le symbole d’un échec qui n’appartient qu’à lui.

Le désastre de l’Ecotaxe, c’est Wellington qui serait jugé Waterloo, et Napoléon qui réclamerait des comptes. Et ce n’est pas encore fini… Car, selon la méthode Léonarda, on a coupé la poire en deux. L’écotaxe n’est pas supprimée, mais suspendue. On va maintenant négocier, ce qui donnera l’occasion de faire mûrir mille abcès.

Et c’est ainsi pour chaque dossiers ou presque. On annonce des réformes, puis on engage des négociations surveillées par des lobbys puissants, qui mettent la pression sur les élus, sur tout le territoire, pendant que l’opposition, comme c’est son rôle, envenime les contradictions.

De cohérence annoncée en incohérence vécue, de concessions en liquidations, le Président élu en 2012, y a laissé l’autorité qu’il devait incarner. Il va pourtant durer jusqu’en 2017, puisque les institutions le protègent.

Va-t-il dissoudre, c’est improbable. Ou remanier, ce c’est plus envisageable. Mais s’il nommait une personnalité forte à Matignon, un Valls ou une Aubry, Hollande créerait un drôle de tandem. Un premier ministre à la Présidence, et un Président aux chrysanthèmes. La figure serait nouvelle, à moins qu’elle ne soit ancienne. Faute de Sixième, la Quatrième sous la Cinquième…

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