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Europe : inconscience ou provocation ?

2 min

A ce niveau de diplomatie, c’est de l’inconscience ou de la provocation. Dans la crise actuelle, et compte tenu de la coupure dramatique entre et les peuples et Bruxelles, le ton et le détail des « recommandations » envoyées au nom de la rigueur économique par la commission Européenne à la France ressemblent à un feu d’artifice lancé dans une poudrière…

Depuis des mois, on mesure à tous les niveaux, y compris dans les instances comme le FMI, qu’il existe un problème spécifiquement européen. Dans une économie mondiale plutôt en croissance, l’Europe est soit en récession, soit en panne de croissance. Le chômage y est élevé, les déficits profonds, l’endettement très lourd, et les remèdes d’austérité n’ont fait qu’aggraver le marasme.

On constate aussi, au fil des élections, que cette situation suscite un rejet inquiétant de tout ce qui ressemble à un parti de gouvernement, dès lors que ce parti entend satisfaire aux exigences communautaires, et que des partis protestataires, qualifiés de populistes, se renforcent ou surgissent un peu partout.

Cet état de fait, aussi réel que les déficits, et à coup sûr encore plus dangereux pour chacun des pays et pour l’union dans son ensemble, avait amené à un certain assouplissement. La commission avait parue moins juchée sur ses dogmes, et avait accordé un peu de souplesse en parlant même de nécessaire relance, ce qui avait chagriné les orthodoxes de la camisole de force. La France avait ainsi obtenu un délai de grâce de deux ans pour arriver aux fameux trois pour cent.

Et d’un coup machine arrière. Les orthodoxes ont repris la main, si bien que les « recommandations » de la Commission, comme ils disent, ne sont plus un rappel à l’ordre et au sérieux, mais des tables de la loi. Vu de la France, le texte a l’air signé par le Président de la république Olli Rehn, et adressé à l’administrateur François Hollande.

Le commissaire européen aux Affaires économiques ne parle pas seulement de la réforme des retraites, il détaille les mesures à prendre avant même qu’elles ne soient discutées par les partis prenantes. Olli Rehn veut aussi supprimer les tarifs règlementés du gaz et de l’électricité. Il dicte sa réforme fiscale. Il trouve trop élevé le Smic. Il va sur les voies ferrées pour exiger la réforme ferroviaire. Il descend jusque dans les rues pour avoir un avis sur l’avenir des notaires ou des taxis.

Autant dire qu’il place les gouvernements nationaux dans une posture impossible. Soit ils s’exécutent et ils n’existent plus, ils ne sont que des collaborateurs, soit ils l’envoient bouler et c’est l’Europe, ou ce qu’il en reste, qui se retrouve en péril.

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