LE DIRECT

Europe : les secrets d'un désamour

2 min

Manifestations au Portugal, grèves à répétition en Grèce, montée possible du vote protestataire en Italie, profond désenchantement des français vis-à-vis de la construction européenne selon un sondage BVA publié samedi par le journal Le Parisien… D’où vient donc ce désamour, voire cette fracture entre Bruxelles et les peuples. Deux événements peuvent l’expliquer ce week-end.

Le premier porte un nom et un prénom. Il s’appelle Olli Rehn, et personne ne le connaît, mais il est dans toutes les poches. Il est commissaire européen aux affaires économiques, il a publié des prévisions en fin de semaine dernière, et ses demandes sont des ordres, qui vont toujours dans le même sens : poursuite nécessaires des réformes, voilà ce qu’il exige. Or « poursuite des réformes », en Français, cela veut dire réductions des dépenses des états, et comme les dépenses des états c’est d’abord les retraites, les enseignants, les hôpitaux, les allocations, quand Olli Rehn passe le pouvoir d’achat trépasse.

L’Europe dans ces cas là n’a plus aucune frontière, Au niveau du tour de vis imposé au citoyen lambda, elle n’est encombrée par aucune barrière, aucun parlement national, aucune autonomie parasite. Sur ce plan là l’Europe est aboutie.

Le deuxième événement dit carrément le contraire. Il dit que l’Europe est impuissante. Il s’agit d’une polémique entre l’animateur de télévision Arthur et la ministre de la culture Aurélie Filippetti. M. Arthur a annoncé qu’il transférait sa société de production, largement alimentée par des contrats avec les télévisions publiques françaises, au Luxembourg. Il précise qu’il continuera de payer ses impôts en France, ce qui ne convainc guère la ministre de la Culture : « Il faudra qu'il explique, a-t-elle dit sur Canal , parce que je connais bien le Luxembourg, et c'est sans doute pas pour le climat qu'il va là-bas" » .

Là-dessus la ministre promet d’être attentive avec les futurs contrats d’Arthur, mais elle ne peut rien du tout. Car dans ce sens là, les frontières sont étanches. Bernard Arnaud peut s’installer en Belgique, l’Europe ne peut rien : Frontières. Un acteur devenu Russe peut faire la même chose : Frontières. Un célèbre industriel s’en va à Londres : Frontières. Il suffit de faire cinquante mètre, et les cloisons sont étanches.

Ainsi les frontières ont-elles sauté dans un sens quand il s’est agi d’aller piocher dans la petite poche d’une Mme Michu ou d’un M. Dugenou français, italien, espagnol, grec, irlandais, mais sont-elles restées des forteresses quand on sollicite le trésor de Bernard (Arnaud), Gérard (Depardieu), Johnny (Halliday), Alain (Afflelou), Arthur et compagnie.

L’exemple venant d’en haut, étonnez-vous ensuite que les peuples réclament leur part de protection, comme les puissant, et que le protectionnisme, CQFD, fasse partout des petits…

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......