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Exclusif : le quinquennat va durer cinq ans

3 min

Comme dirait Jamel Debbouze, faut pas confondre un « Unénat » et un « Quinquennat », c’est le principal enseignement du premier anniversaire de l’élection de François Hollande et de son cortège de manifestations. A force de prendre un temps de passage pour un résultat final, et un mandat de cinq ans pour un bail de un an, les chroniqueurs et les politique ont confondu les échéances. Or ce matin nous sommes en mesure de révéler un scoop : la prochaine présidentielle aura lieu en 2017, et pas aujourd’hui.

On aurait pourtant cru. Le Figaro Magazine donnait le la ce samedi : « Encore quatre ans, point d’interrogation » se demandait l’hebdomadaire, comme s’il y avait un doute. Il faut dire que l’ensemble de la presse, gauche comprise, a dressé le bilan du mandat comme s’il était fini : Echec , et seule la politesse évitait de conclure « et mat », car on ne tire pas sur un corbillard.

Il faut dire que pendant des semaines, les partisans de « La manif par tous », c'est-à-dire les opposants au mariage homosexuel, galvanisés par leur nombre, ont successivement pensé qu’ils étaient le printemps français, c'est-à-dire un printemps arabe aux dimensions gauloises, que mai 68 renaitrait en 2013, et même, lors de la dernière manifestation où des bonnets phrygiens ont ouvert les cortèges, que Danton était Frigide et que Robespierre était Barjot. Bref, que nous étions en 1789.

Dopé, Jean-François Copé leur emboitait le pas, durcissait le ton si c’était encore possible, et la question à la mode, à l’UMP, consistait à se demander, de plus en plus ouvertement, si Hollande passerait l’automne.

Même courant dans le camp d’en face, à la gauche de la gauche, chez Jean-Luc Mélenchon, convaincu que la Révolution se levait, et que sa grande manifestation d’hier en était les Etats-Généraux. Il y avait du monde à la Bastille, quelle que soit la guerre des chiffres, ce qui prouve que le noyau dur qui n’a pas voté au premier tour pour le « Capitaine de Pédalo », est ulcérée par la manière dont il exerce le pouvoir. De là à transformer ce meeting en tsunami, il y a tout de même un pas, et même une très longue marche. Mélenchon parle très fort à son camp, mais il a du mal à l’élargir. Si tous les partisans d’une sixième république, et tous les adversaires de l’austérité européenne, étaient allés à la Bastille, ils n’auraient pas été cent mille, mais ce fleuve dont Mélenchon annonce régulièrement la crue, sans le faire déborder.

Est-ce à dire que le Président Hollande, qui a un an, a encore toutes ses dents ? Non. Il en a même perdu beaucoup. Menacé sur sa droite et son extrême-droite, bousculé sur sa gauche, mal soutenu par son parti, décrédibilisé par les couacs de son gouvernement, malmené par la crise, il passe pour exaspérant à force de rester pépère. Pourtant la foule de ses adversaires lui a sans doute offert une chance en célébrant ses obsèques prématurées.

C’est que demain nous serons le 7 mai, qu’il sera encore là, et que par un effet de contraste, il aura l’air d’exister.

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