LE DIRECT

Exclusif : l'UMP rejoint le complot médiatique

2 min

Ouf, ça va mieux…

Il y a des matins, comme ça, où on se sent plus léger. On se dit qu’on n’a pas eu la berlue. Qu’on n’a pas dit n’importe quoi.

Si la Droite a perdu ce n’était donc pas la seule faute à la presse. Pas à cause d’une haine irraisonnée devenue, dans les dernières semaines de la présidentielle un argument de campagne, et une façon de chauffer les salles dans les meetings.

Il y avait bien à l’Elysée une ligne Guéant, et une ligne Guaino. Il y avait bien une droitisation, regrettée officiellement par Bruno Le Maire, il y avait bien une stratégie de Grenoble correspondant à une « dérive droitière », dixit Jean Pierre Raffarin, il y avait bien une course poursuite derrière le Front National… Quant à la stratégie du Ni-Ni, pourtant approuvée il y a deux semaines par tous les ténors de l’UMP, elle était bel et bien une stratégie du « Oui-Oui » au Front National, une fois traduite en langue française par Nadine Morano…

« Quand j’ai entendu, entre les deux tours des législatives, certains dire qu’ils avaient des valeurs communes avec le Front National et qu’ils trouvaient même Marine Le Pen sympathique, je me suis dit c’est quoi la prochaine étape ? On se met à table et on discute ? »

Imaginez que ces propos signés François Baroin aient été prononcés par la presse, est-ce qu’on n’aurait pas parlé de commentaires scandaleusement partisans, de pensée unique, d’antisarkozysme aveugle?

Désormais l’UMP, ou plutôt une partie d’entre elle, se met à parler comme les commentateurs du complot médiatique…

Pour dire la vérité, ces propos des Baroin, le Maire, et de tant et tant de députés battus ou réélus, étaient déjà tenus depuis longtemps, mais en coulisse. Seules quelques voix osaient briser le silence, Chantal Jouano par exemple, qui s’est alors retrouvée dans le même collimateur que les journalistes. Elle était accusée de trahir la cause parce qu’elle disait ce que soutiennent désormais, avec des airs pénétrés, les Xavier Bertrand, voire même les Jean-François Copé, lequel explique aujourd’hui, dans le magazine l’Express, qu’il n’est pas l’homme qu’on croit, « même si la campagne a pu le conduire à être, je le cite, parfois un peu excessif ».

Il y avait une omerta. Pas une omerta de malfaiteurs. Une omerta de père de famille qui ne veut pas perdre son capital. Il ne fallait pas dire ce qu’on voyait, pour ne pas risquer la défaite vers laquelle on courrait. Ne pas dire que toutes les élections étaient perdues, et la prochaine mal engagée.

Aujourd’hui, il y a 234 nouveaux députés à l’assemblée, et un nouveau mastodonte, le Parti socialiste. Au lendemain du bac philo, le débat engagé par l’UMP pourrait servir de réflexion au nouveau parlement. Ou s’arrête la discipline majoritaire et où commence la nécessaire rébellion ?

Un sujet très gaulliste au fond. Une question de 18 juin, qu’il vaut mieux se poser en 1940 qu’après la guerre.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......