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Exclusif premier tour : des débats à une seule voix

2 min

Donc, avant le premier tour nous aurons un débat entre tous lescandidats, et même deux, voire trois, mais des débats qui ne serontpas des débats, puisque les candidats répondront à tour de rôle à desquestions de journalistes. Ils seront répartis en deux groupes decinq, François Hollande dans un groupe, Nicolas Sarkozy dans l’autre,des fois qu’ils se rencontrent, et seront rassemblés dans le mêmestudio, mais surtout pas au même moment. Donc ce sera un débat à la Française, version présidentielle c’est àdire une série de monologues, prolongeant des meetings où chacun parleà des convaincus. Dans les meetings, il s’agit en quelque sorte des’adresser à son miroir, afin que celui-ci réponde de façonenthousiaste à la fameuse question : « miroir, miroir dis-moi qui estle plus beau ». Le miroir, amené par cars et TGV spéciaux, agite desdrapeaux, s’exclame « on va gagner », puis rentre à la maison, la télédiffuse les images, et c’est un événement de campagne. Mais de débat où l’on confronte les monologues, il ne faut pas ypenser, même si on y pense toujours. En France, quelle que soit l’élection le scénario est toujours lemême. Le (ou les) challenger le réclament à corps et à cri, mais lesortant ne veut jamais. Qu’il soit maire, député, Président de laRépublique, ou qualifié potentiel pour le second tour, l’hommeconsacré a le sentiment qu’il ternirait son image en s’exposant à lacontradiction de candidats qui ne sont pas à son niveau. Le challenger, comme l’a fait François Bayrou cette semaine, réclametoujours le débat au nom de la saine démocratie, de la transparence,de la confrontation républicaine, mais l’homme ou la femme en haut del’affiche, sauf quand il est en grande difficulté refuse toujours aunom de la dignité et de la clarté. Un débat à plusieurs, pensez-donc,ce serait une foire d’empoigne. Ca n’intéresserait personne. Tant pis si les primaires socialistes ont démontré le contraire, enoffrant des confrontation sur lesquelles les spécialistes de lacommunication n’auraient pas parié un kopek, mais qui ont atteint desscores d’audience exceptionnels. En France, contrairement à bien des pays, dont les Etats-Unis, on nedébat donc pas au premier tour, et on ne consent à cette confrontationqu’en tout dernier ressort, à quatre ou cinq jours de l’élection, donctrop tard pour en changer le cours, entre les deux qualifiés du secondtour. Combien de temps continuera cette spécificité nationale ? Tant queles favoris se sentiront favoris, et regarderont de haut les éliminésprésumés du premier tour. Tant qu’ils n’agaceront pas les électeurs aupoint qu’un troisième homme, ou une troisième femme, ne viendra pasles menacer. Ce jour là, les favoris, devenus challenger, réclamerontce face à face, mais le challenger, devenus favoris, le refusera sansdoute…

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