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Exclusif : un mandat présidentiel de deux mois

2 min

Il y a quelque chose de fascinant à contempler la force de la démocratie. L’approche du vote redonne de la puissance au pouvoir politique. Depuis des mois il n’est question que de crise et d’impuissance des états face aux marchés, de fermetures d’usine, de multinationales plus riches que des pays.

Des années que le pouvoir politique parait ne rien peser dans la main de la finance, vous savez, l’ennemi invisible de François Hollande.

Et soudain l’élection présidentielle et tout s’arrange. Soudain le président sortant, qui faisait ce qu’il pouvait mais qui peinait dans la tempête, et qui se transforme en candidat, et le ciel qui s’éclaircit. En rendant ses pouvoirs pour les reconquérir, le Chef de l’état en acquiert de supérieurs.

Tout ce qui coinçait se décoince à son passage. L’aveugle ne voit pas encore, le paralytique non plus, mais les pains se multiplient, et l’eau se transforme en vin.

Lejaby. Des femmes désespérées vont perdre leur emploi dans la lingerie de luxe. Une délocalisation. Tant d’autres avant elles ont connu le même sort. Et soudain, grâce à la démocratie, un industriel surgit à la demande du candidat, et les femmes sont sauvées.

Petroplus. Des salariés laissés en rade par un actionnaire suisse. Là encore le marché, la rentabilité, les dividendes avant le travail. Et d’un coup, au détour d’un déplacement de campagne, affaire réglée. La Shell assure un sursis jusqu’à l’été.

Photowatt. Une usine sur le flanc, dans un secteur pourtant porteur, celui des panneaux solaires. Mais les Chinois en fabriquent de moins cher. La fermeture est programmée, sauf que le rendez-vous de mai sonne la charge, comme la cavalerie légère. Sauvés, grâce à EDF.

Enfin Florange. La sidérurgie condamnée. Le haut fourneau qui ne repartirait plus. Le souvenir funeste de Gandrange. Et d’un coup, dans une émission de radio, la bonne nouvelle qui tombe. Lakhmi Mittal qui se retirait comme la marée revient au grand galop, au moins pour quelques mois.

Un président en place depuis cinq ans, et qui bute sur des problèmes complexes, gagne en efficacité quand il devient candidat. Les pouvoirs finissants sont plus efficaces que ceux qui disposent de temps.

A constater ce phénomène particulier il faudrait modifier la constitution. Pour en finir avec la crise et le chômage, il faut réduire la durée du mandat présidentiel à deux mois. Avec une campagne électorale non stop, plus une usine ne fermerait, et tant pis si les candidats éternels se font enfariner à Paris, ou siffler à Bayonne…

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