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Exil fiscal : aux armes citoyens !

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Existe-t-il une relation entre l’impôt et la nationalité ? « Non » selon la droite, oui pour la gauche, et deux débats posent la question ce matin : Le droit de vote des étrangers, et la déchéance de nationalité demandée par un député PS, Yann Galut, pour les exilés fiscaux.

Dans une lettre adressée aux élus, Harlem Désir, le patron du parti socialiste, a remis la pression sur LA question du vote des étrangers, que le Président de la République avait paru repousser aux calendes grecques. Il s’agit de convaincre une trentaine de députés centristes, car à elle seule la gauche ne dispose d’assez de voix au parlement. « Pourquoi un anglais disposant d’une résidence de vacances pourrait-il voter et pas un maçon algérien qui est là depuis des décennies, et qui paye des impôts » s’interroge le PS.

Ce à quoi l’UMP répond que cette relation entre l’argent et la citoyenneté est contraire à notre tradition républicaine, et que le droit de vote, je cite, ne s’achète pas en payant des impôts.

Cette relation, Yann Galut, député du Cher, la défend au contraire, et il a fait son effet, hier à l’assemblée. Il considère que l’exilé fiscal, particulièrement égoïste, méprise la solidarité nationale, qu’il faut voter une loi qui le contraigne à payer, et qui permette de le déchoir s’il refuse de le faire.

L’impôt est-il donc, oui ou non, un marqueur d’appartenance à une communauté nationale ? La réponse est dans l’Histoire, et elle ne date pas d’hier.

Le 28 mai 1824, le général Foy, ancien capitaine d’empire, montait à la tribune de la Chambre, à propos d’une loi visant à augmenter le contingent militaire, et il avait ces mots :

« Messieurs, il est un impôt qui ne prend pas au contribuable une partie de son revenu ou tout son revenu, une partie de son capital ou tout son capital, mais qui lui enlève la liberté et même la vie, cet impôt terrible, inexorable, c’est l’impôt du sang »

Des millions et des millions de français ont payé cet impôt du sang, et ceux qui tentaient de s’y soustraire, jouant en quelque sorte les exilés fiscaux, devenaient déserteurs et ils étaient fusillés. Il y a donc bien une relation entre impôt et patrie, elle se lit dans tous les villages et toutes les villes de France, sur les monument aux morts.

Cette notion d’impôt du sang remonte en fait au moyen âge. Seul le peuple payait l’impôt en ce temps là. Les nobles en étaient dispensés, mais en échange ils faisaient la guerre, donc, disaient-ils, ils payaient l’impôt du sang.

La noblesse d’aujourd’hui, les patrons du Cac 40, vient de faire connaître ses revenus qui sont toujours plus monstreux. Cette noblesse là ne paie pas l’impôt du sang, et n’aime pas l’impôt tout court.

En 1789, sa devancière, la noblesse de cour, avait la même allergie.

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