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Exil fiscal : l'UMP dézingue le bilan Sarkozy

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Le sénateur Philippe Marini, président UMP de la commission des finances du Sénat est un peu l’Ibrahimovic du déclinisme. Le Zlatan de la cata. A propos du départ des français à l’étranger, il vient de dégainer des chiffres à priori assez canon pour que des journaux aussi sérieux que Les Echos d’hier et Le monde d’aujourd’hui les publient à la une.

A lire les titres, et à entendre les commentaires on tiendrait enfin la preuve du déclin. On disposerait des statistiques ! « Des chiffres qui traduisent une perte de confiance, voire un rejet de la France, commente le sénateur : "la France est perçue comme un pays figé, qui a de la peine à faire ses réformes, qui comporte des dispositifs d'assistanat très lourds (et) qui, par conséquent, sera amené à solliciter des prélèvements obligatoires élevés".

Fermez les guillemets, et fermez le ban, le diagnostic terrible.

Que disent les chiffres en question ?

Qu’ils étaient 35000 foyers fiscaux à avoir choisi d’aller à l’étranger. Deux ans auparavant ils étaient 29 000 et la moyenne des départs est de 25 000. L’augmentation est donc de un foyer sur trois mille ! Si c’est une hémorragie, elle représente au moins trois gouttes.

Ensuite qui sont ces français partis à l’étranger ? Sont-ils des Depardieu, atteints par le syndrome du ras-le-bol fiscal ?

Non ! Plus d’un tiers a moins de trente ans, la majorité est célibataire, la moyenne gagne trois mille euros par mois. Les plus âgés, et les plus riches, qui vont plutôt en Suisse ou en Belgique représentent tout au plus une personne sur sept partants.

Nous sommes donc plutôt, face à un noyau de jeunes français, qui pensent que le monde est vaste et qu’il faut tenter sa chance. Cela pourrait être un signe de dynamisme, d’ouverture, d’esprit d’entreprise, mais non, ce sont des exilés, et la France est en déclin.

Ce goût du verre à moitié vide n’est pas la seule surprise réservée par Philippe Marini. La plus énorme est ailleurs. Ces statistiques, on l’a compris, sont sensées démontrer, en pleine discussion budgétaire, les conséquences alarmantes du choc fiscal imposé par le gouvernement depuis mai 2012.

Et c’est là qu’on ne comprend plus. C’est là que la volonté d’occuper le terrain de la réalité, en prouvant le déclin par des chiffres, devient clairement surréaliste. Car c’est là que Zlatan-Marini ne plante pas de buts à Anderlecht, comme hier soir, mais carrément au Paris Saint-Germain !

Les statistiques brandies à la une ne sont pas celles de 2012 ou 2013 mais celles de 2011. Si elles sont accablantes, c’est pour le bilan des années Sarkozy. Ne le dites pas au sénateur, il serait tenté de rouvrir la question de l’inventaire, et là, Copé serait très fâché…

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