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Extraordinaire (bis) : l'austérité est une erreur de code

3 min

Le contrefacteur sonne toujours deux fois, et même trois et même quatre, et même cinq. Une fois de plus une prévision du FMI fait la manchette du journal le Monde et la une de l’actualité, comme si les chiffres avancés n’étaient pas des statistiques imparfaites, mais la voix sacrée d’une espèce de divinité. Or il arrive que ces Saintes écritures racontent n’importe quoi.

La dernière stupeur en date émane de la comparaison entre la prévision de croissance du gouvernement pour l’année 2013 : 0,1%, et la prévision du FMI ainsi que celle du Haut Conseil des finances publiques : -0,1%, ce qui amène à une conclusion ravageuse : « Malgré l’optimisme de Bercy la France devrait être en récession ».

Qu’en est-il de la réalité de ces chiffres ?

Entre l’optimisme et la catastrophe, c'est-à-dire entre la lumière et l’abîme il y a 0,2% d’écart.

Qu’en est-il de la crédibilité d’une telle fourchette ?

Elle est nulle. 0,2%, pour une prévision à un an, c’est beaucoup moins que la marge d’erreur.

Exemple avec le FMI : en septembre 2011 le Fond annonce une prévision de croissance de 2,4% pour la France en 2012. Au mois de janvier suivant, trois mois plus tard il la ramène à 1,2, c'est-à-dire qu’il la corrige de 1,2 points... 1,2 points en trois mois !

Pour l’Allemagne : Septembre 2011 : 2,5… janvier suivant : 1,5… Soit -1 point.

Pour l’Italie : erreur de 2,5

Pour l’Espagne : erreur de 2,8, en trois mois…

Et comme si de rien n’était, la France qui sait disserte quand même sur un écart de prévision à un an touchant à 0,2% !

Ce n’est pas la seule nouvelle du jour. On savait depuis trois mois que le FMI s’était trompé à cause d’une équation, j’en ai parlé dans une précédente chronique.

Et voilà qu’hier, le journal Monde, encore lui, mais dans sa version numérique, apporte une extraordinaire information. Les grandes décisions économiques du G20, et celle du célèbre commissaire européen Olli Rhen sont fondées sur une étude de deux chercheurs de Harvard qui disent, grosso modo, que dès qu’un pays dépasse 90% d’endettement son activité économique se contracte, automatiquement, de 0,1%.

Et bien patatras, une contre étude vient de démontrer que ce calcul est faux. Premièrement parce que les auteurs ont oublié d’y introduire cinq grands pays qui contredisent cette thèse. Deuxièmement parce que le tableur Excel utilisé pour cette étude comportait une erreur de code.

La nouvelle étude, qui ne vaut d’ailleurs peut-être pas plus cher, fait ressortir que les pays endettés enregistrent au contraire une croissance de 2,2 %

Il n’empêche que toute la France autorisée disserte sur un écart de 0,2%.

Et il n’empêche que les chercheurs de Harvard, tout en reconnaissant « une regrettable bévue », continuent de penser que ça n’affecte pas le cœur de leur étude.

Ca prouve au moins que les Ayatollah ne prêchent pas que dans les moquées.

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