LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Extrême droite, extrême gauche, la faute à Théodorakis

2 min

Jean-François Copé a désormais un modèle. Ou plutôt un repoussoir. Une figure sur laquelle il fonde sa politique, le fameux Ni-Ni, qui renvoie dos à dos le Front de gauche et le Front National.

Ce repoussoir s’appelle Mikis Théodorakis, il a 87 ans, c’est un compositeur hyper-célèbre, qui fut une gloire absolue dans les années 60, avec Zorba le Grec, puis dans les décennies 70 et 80, et qui composa notamment l’hymne du parti socialiste. Il est resté si renommé, qu’il a été décoré en 2007 par Renaud Donnedieu de Vabres.

Mais ce n’est pas en raison de son talent que Jean-François Copé a fait de Theodorakis une figure structurelle de la vie politique française. C’est à cause de deux de ses dérapages antisémites avérés, prononcés sur la télé grecque, à propos de la crise, et que Jean-Luc Mélenchon est accusé de n’avoir pas dénoncés, donc d’avoir approuvés, ce qui conduirait à dire, de fil en aiguille, que le PS en est complice, dans la mesure où il maintient ses relations avec le Front de gauche… Ainsi les socialistes n’auraient aucune leçon de morale à donner à l’UMP concernant les Le Pen, etc. etc.

L’UMP fait donc des dérapages du vieux compositeur la frontière entre le bien et le mal, et va sans doute intégrer dans sa refondation politique, dès septembre, les fulgurances de Marion Cotillard et de Jean Marie Bigard au sujet du 11 septembre.

Plus sérieusement, cette histoire de Théodorakis renvoie en fait à un débat plus profond, plus ancien, et plus étayée historiquement. Celui du bilan comparé des extrêmes du XXème siècle, le communisme et le nazisme. Une compétition du pire et de l’encore pire. La gauche n’aurait aucune leçon à donner à la droite dans la mesure où les crimes du stalinisme n’auraient rien à envier, ou serait encore pire que les horreurs du nazisme.

Le parallèle fait l’objet de controverses compliquées, qu’on ne tranchera pas ce matin, mais la posture qui en découle passe comme une lettre à la poste, elle est habile et concise, elle est d’ailleurs reprise par tous les ténors de l’UMP, Alain Juppé compris, qui se servent de Théodorakis, promu au rang de symbole des dérives de l’extrême gauche, comme d’une antidote au problème que leur pose Marine Le Pen.

La limite de ce parallèle c’est tout de même le moment politique.

D’un point de vue rhétorique l’extrême gauche et l’extrême droite peuvent toujours être mises dans le même sac, c’est facile et ça peut rapporter gros, mais il se trouve que les sacs n’ont pas le même poids. En 1981, le Parti communiste pesait 15 points, 44 députés, des dizaines et des dizaines de grandes villes et le Front National rien du tout. En 2012 le PC essaie de sauver ses derniers meubles, tandis que le Front National, fort de ses 18% est au contraire à la conquête. L’un est en survivance, l’autre est en expansion.

Mais c’est pareil, parce que Théodorakis…

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......