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Fillon - Copé, le chat de gouttière et le matou

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Un chat de gouttière toutes griffes dehors et qui grimpe aux rideaux sur à peu près toutes les questions, et un matou assis sur le radiateur qui lui lance des regards amusés style « miaule toujours tu m’intéresses », c’est l’image du débat d’hier soir où Jean-François Copé et François Fillon ont pris soin de ne pas s’attaquer, voire de ne pas débattre, tout en débattant quand même, et en marquant leur territoire.

Sur le fond, pas de différence majeure entre eux, mais des chemins différents pour viser le même siège, celui de Président de l’UMP. Copé a choisi de coller à Nicolas Sarkozy, en jurant de s’effacer, et Fillon s’en réclame, mais comme on assume ses gênes, pour vivre ensuite sa propre vie.

C’est le style qui les sépare d’abord. Copé veut choquer, cogner, frapper. Ca se voyait sur le plateau. Il ne répondait pas aux interviews, il boxait. Pour gagner, c’est sa tactique et sa nature, il est convaincu qu’il faut faire des étincelles.

Fillon c’est tout le contraire. Il refuse de choquer, de braquer, de heurter. Pour gagner, c’est sa tactique et sa nature, il est convaincu que les étincelles ne servent à rien ou qu’elles sont parasites.

Face aux problèmes l’un dit « t’a war ta gueule à la récré », et l’autre répond « du calme, pépère, pas la peine de s’énerver ».

Lequel a le plus de chances de parler aux électeurs, qui sont en l’occurrence les militants encartés à l’UMP ?

Ca dépend des points de vue.

Si les militants votent pour celui qui leur ressemble, et qui fait tous les efforts pour ça, ils iront vers Copé. Copé se présente d’ailleurs comme le premier des militants. Dans la tribune c’est lui qui chante le plus fort, qui porte le maillot du club, et qui n’hésite pas à crier « A poil l’arbitre ».

Mais si les militants votent en se demandant lequel aura le plus de chances d’emporter le suffrage de tous les français, en cas de présidentielle, alors ils glisseront le bulletin Fillon dans l’urne, même s’ils se sentent moins proches de lui.

Au fond c’est l’histoire du Président normal qui resurgit dans ce choix. Est-ce que les militants veulent propulser un général à leur image, un officier qui soit le premier des deuxièmes classes, ou un commandant en chef, peut-être un peu distant, un peu moins familier, mais dont le profil et les sondages disent qu’il a le plus de chances de les amener à la victoire ?

Le vote Copé serait affectif, le vote Fillon serait stratégique. Jusqu’à présent les primaires, qui étaient l’apanage des socialistes, ont démontré que les militants et les sympathisants ne votent pas pour le candidat dont ils se sentent le plus proche, mais pour celui dont on dit qu’il a le plus de chances de gagner une élection. Ce qu’ils préfèrent c’est la victoire d’après.

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