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Fillon : les coulisses d'un emballement

3 min

« Je serai candidat quoi qu’il arrive… ». Ce qui frappe dans le remue-ménage provoqué par la déclaration japonaise de François Fillon, c’est la fantastique capacité des medias à s’auto intoxiquer…

Aiguillonnés par les télés et les radios d’information en continue, concurrencés par les réseaux sociaux, les rédactions Internet des titres les plus prestigieux ont transformé un à peu près en vérité définitive.

Ainsi, l’espace d’un matin, Fillon est devenu candidat à la Présidentielle de 2017, « quoi qu’il arrive » alors qu’il avait seulement souligné qu’il concourrait à la primaire de 2016, « dans tous les cas », ce que tout le monde savait déjà.

Mais il n’y a pas de fumée sans feu. Si tout le monde s’emballe ainsi, c’est que depuis le 6 mai 2012 la France politique vit au rythme d’une fausse énigme à droite, dont chacun ambitionne de devenir le Champollion.

Quel est la pierre de Rosette ? Elémentaire mon cher Watson : C’est Nicolas Sarkozy ! Question : A-t-il la volonté de revenir ? En fait, tout ce qui circule autour de l’UMP s’articule autour de ce mystère, y compris le « quoi qu’il arrive » de François Fillon qui veut dire « Y compris si Sarkozy se présente ».

Or ce secret n’en est pas un. L’ancien Président n’est jamais parti, tout le monde le sait. Il reçoit en permanence dans ses bureaux, et les élus de la Droite y courent. Il commente, il fustige, il fusille d’une formule. François Hollande en premier lieu, ça va de soi, mais François Fillon aussi, qu’il traite de « loser » depuis que l’ancien Premier Ministre s’est mis en tête de gagner en 2017. Dès qu’une figure de droite occupe le champ médiatique, il tire la lumière à lui, en organisant des confidences de conseillers qui sont ses confidences à lui, souvent dans le JDD, couramment dans le Parisien, parfois dans Valeurs Actuelles ou Paris Match.

Dernier exemple mardi, c’est à dire à la veille de la diffusion du documentaire de Franz-Olivier Giesbert dans lequel Fillon a pris de nouvelles distances, il a fait savoir qu’il risquait « de se sentir obligé de revenir ». Le scénario est bien huilé : quand un rival potentiel entre dans un studio, il fait coucou à la fenêtre.

Donc il veut y aller, ce n’est pas une intention, c’est presque une idée fixe, mais la légende laisse croire qu’il s’interroge, et la presse qui le sait bien fait semblant de ne pas le savoir, elle distille des indices, épisode par épisode.

Dans la réalité, le décor des rivalités personnelles est planté à droite. Sarkozy est parti très tôt parce que c’est son caractère, et afin d’empêcher un rival potentiel de devenir son égal. Fillon est parti vite pour devenir cet égal, et parce qu’il est convaincu que des événements empêcheront l’ex de devenir le futur.

Quant à Jean-François Copé il fait semblant d’être au service de Sarkozy mais les échéances le contredisent. Si l’ancien Président revenait en 2017, il aurait le droit à deux mandats, ce qui contraindrait le maire de Maux à patienter jusqu’en 2027, donc à renoncer à son unique ambition, et ça, ce serait vraiment une exclusivité…

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