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Florence Cassez, le ventilateur, et l'édredon

2 min

Parce que Florence Cassez est devenue pendant sa détention une icône française, quasiment une Marianne torturée, sa libération est un événement national. Et même un événement politique qui ravive la comparaison entre deux styles de présidence.

Un événement national se reconnaît à la nécessité de faire bloc, et hier soir l’union sacrée s’est exprimée dans une foule de réactions. Les avocats, la famille, bien-sûr, mais aussi le président de la république, sa compagne, l’ancien Président, le premier ministre, l’ancien premier ministre, le patron du PS, le patron de l’UMP, les ministres et les anciens ministres, les députés français, les députés européens.

Officiellement, et comme toujours dans ces cas là, le bonheur est unanime et sans arrière pensée. Mais personne n’oublie que ces instants d’émotion collective sont toujours mis au crédit, ne serait-ce que provisoire, de celui qui symbolise la collectivité. Nicolas Sarkozy le savait parfaitement, lui qui a mis en scène avec un grand soin la libération des infirmières bulgares ou d’Ingrid Betancourt.

Hier soir c’était donc une espèce de match retour. En moins de deux semaines le Président en place a endossé les habits de père de la nation comme dit la formule consacrée. Il a pu exprimer le réconfort du pays sans être contredit, et même en étant approuvé par ceux dont la fonction est de le désapprouver.

La fois d’avant, naturellement, c’était le Mali, avec l’entrée en guerre.

Avec la libération de Florence Cassez les circonstances sont bien-sûr plus simples, et les effets seront plus volatiles, mais l’union nationale s’est imposée quand même, en imposant la légitimité de celui qui l’incarne.

Cette mise en avant du Président élu crevait tellement les yeux que l’ancien Président à montré immédiatement qu’il était toujours là. Il a fait savoir, selon son entourage, c'est-à-dire selon lui-même, depuis Davos, qu’il était « très ému, très fier, et très heureux ».

Sur les réseaux sociaux, s’est alors installé une espèce de banc d’essai. Lequel de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande avait été le plus efficace ?

Les partisans du premier soulignaient à l’envi que l’ancien Président avait déployé toute son énergie, et fait avancer le dossier dans un environnement difficile, si bien que le second n’avait eu qu’à se baisser pour ramasser les fruits, en bénéficiant du changement de régime au Mexique.

Les amis du second louaient au contraire sa discrétion, son sens de la mesure, sa capacité à agir sans tapage, et constataient que Florence Cassez est libre et que les relations avec le Mexique sont renouées.

C’était un peu, sans le dire, la bataille du ventilateur contre l’édredon, et vous verrez, pas plus tard qu’aujourd’hui, que les partisans du ventilateur diront que Sarkozy avait un sacré souffle, tandis que les proches de l’Elysée expliqueront que l’Edredon est en fait une grand-voile…

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