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France-Allemagne : le choix de Bartolone

2 min

Voilà, les mots sont donc lâchés, et pas par n’importe qui. Depuis le temps que cette idée rôdait dans les couloirs du parlement, dans les confidences, dans les impatiences, Claude Bartolone, le Président de l’Assemblée nationale les a prononcés. La France, dit-il, doit dépasser ce que François Hollande appelle « la tension amicale » avec l’Allemagne, pour oser la tension tout court, et, s’il le faut, la confrontation…

Claude Bartolone revient naturellement sur la question de la rigueur ou de la relance, et ce ne sont pas les chiffres du chômage en France, ils sont graves, ou ceux de l’Espagne, ils sont un cataclysme, qui arrondiront les angles.

Au-delà du débat économique, Bartolone appuie sur un autre tabou, celui-là totalement politique. Il le fait probablement pour des raisons internes, sa déclaration ressemble à un programme de Premier Ministre, mais il donne corps, au niveau du pouvoir, à une question qui traîne dans la société française depuis le Non au référendum de 2005. Est-il possible, dans l’espace Européen, d’émettre une divergence, voire une opposition, ou faut-il conserver le petit doigt sur la couture de crainte de tout casser ?

Et le fameux couple Franco-allemand, le moteur de cette Europe, quelle est donc sa nature ? Lorsqu’Angela Merkel se démarque de la politique mené par l’élu qu’elle n’a pas choisi, et la juge mal venue, émet-elle un diktat ou donne-elle un simple avis en indiquant la voie à suivre ? Et lorsque la France, de plus en plus ouvertement, accuse l’Allemagne de mener une politique aux conséquences négatives, sommes-nous au bord de la rupture, ou dans un échange normal et nécessaire en bonne démocratie ?

En somme le couple Franco Allemand est-il composé de deux partenaires, comme les couples d’aujourd’hui, ou l’autorité est-elle déléguée à un seul chef de famille, comme les couples d’autrefois ?

A cette question bien des experts répondent que la France n’a pas les moyens, que sa faiblesse économique la condamne à ne pas lever la voix. La France, combien de division ?

Ce sont les mêmes en général, qui en appellent aux mânes de Winston Churchill en invoquant le courage, et l’ardente obligation d’accepter le sang et les larmes.

Pas d’argent, pas de voix.

Ils oublient qu’à la même époque un certain Charles de Gaulle, un illuminé sans armée, sans moyens, sans pouvoir, prétendait parler avec la puissante Amérique qui ne l’aimait pas, avec l’Angleterre qui s’en méfiait, avec l’Union Soviétique qui le prenait pour un moustique, et qu’à la sortie de la guerre, il a quand même fait admettre son pays humilié à la table des grands du monde…

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