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France Culture, indispensable anomalie

2 min

Bienvenue dans une anomalie. France Culture a cinquante ans, elle est née dans un monde où il n’y avait que des radios publiques, son existence allait de soi, mais elle fête son demi-siècle dans un temps où ce qui touche aux dépenses de l’Etat fait souvent figure de gaspillage et d’obstacle à la modernité.

Or France Culture ne survit pas. Elle grandit. Elle se développe. Son public s’élargit.

Son histoire commence sous Charles de Gaulle, Gorges Pompidou est alors Premier Ministre, c’est le temps de la voix de la France qui se prolongera jusqu’au début des années 80, quand l’explosion des radios associatives et privées viendra bousculer la bande FM et les pouvoirs en place.

La libéralisation de l’audiovisuel apporte un grand bol d’air, une liberté, une multitude d’initiatives, et une foule de questions. A quoi servent les mastodontes, les dinosaures, qui coûtent si cher et qui, dit on dans la campagne législative de 1986, ne font pas mieux que les chevau-légers du secteur commercial.

Dans les programmes des Libéraux, on envisage de fermer les radios locales de Radio France parce qu’elles pèseraient sur les impôts et doublonneraient avec les radios privées. Après les élections, les nouveaux gouvernants, sensibles aux objections des députés de la nouvelle majorité, renonceront à leur projet.

Vingt cinq ans plus tard, les seules radios capables d’assurer une information locale professionnelle sont à peu près celles de France Bleu, la plupart des petites ont disparu, quelques associatives se battent sur le terrain, les autres sont devenues des réseaux musicaux.

Destin voisin à France Culture. Elle a coûté mais elle rapporte. Elle a changé d’époque, mais pas d’identité. Elle continue de relever son pari initial, en l’adaptant à son environnement.

Ce pari, aucun financeur moderne n’aurait pu le relever, même s’il en avait eu le goût, parce que l’investissement, forcément, serait passé par de l’argent, et que les bénéfices ne se calculent pas financièrement.

Elle n’est pas cotée en bourse, la richesse diffusée par France Culture, mais pardonnez le manque de modestie, elle est devenue un patrimoine, témoin le succès de France Culture papier. Qui oserait dire aujourd’hui, quelque soit sa préférence politique, et en dépit des critiques parfois justifiées, que France Culture n’est pas unique, et même irremplaçable ?

Il y a là une leçon politique, à l’heure où le discours dominant dépeint l’Etat comme une pieuvre étouffante et stérile.

L’Etat ne peut pas tout, c’est vrai, mais il a le temps pour lui, et ce temps, de temps en temps, quand il est bien placé, peut rapporter beaucoup plus que de l’argent.

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