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François Bayrou élu en 2007 ?

2 min

O temps suspends ton vol. Il y a comme une hésitation dans la campagne présidentielle. L’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy influence-t-elle en profondeur des électeurs qui paraissaient jusque là enclins à le sanctionner. On ne le sait pas encore.

Du coup les candidats moulinent leurs discours à l’aveugle, tentent de créer le débat, s’accusent de mensonges, et les medias, dont nous faisons partie, rament comme ils peuvent pour ne pas trop focaliser sur le duo, sans toujours y parvenir. En l’absence d’informations majeures, le récit de la campagne raconte parfois des événements aussi bouleversants que « Nicolas Sarkozy prend le train pour aller à Lille », ou « François Hollande est touché par un côté petit garçon chez Sarkozy », lequel a répliqué « Ca ne me fait rien d’être comparé à un petit garçon », etc. etc.

Dans cette course par élimination, ceux qu’on appelle les « petits » candidats sont souvent ignorés au du vote utile, car le choix du premier tour est souvent moins dicté par les préférences profondes que par des calculs stratégiques de la part des électeurs.

Dans le scrutin uninominal à deux tours, voter c’est du billard à trois bandes, je tape cette boule pour en toucher une autre, qui en frappera une troisième.

Ce constat, des chercheurs l’ont établi depuis longtemps.

Dans une note publiée par le Think Tank Terra Nova, deux polytchniciens ont par exemple analysé le scrutin de 2002 et conclu que le mode de scrutin actuel ne rend pas compte des préférences des électeurs. Il aurait suffi qu’un candidat de gauche se retire pour que Jospin ne soit pas éliminé, ou qu’un Pasqua se présente pour que Chirac passe à la trappe. Ils ont testé un système dit du « jugement majoritaire ». On ne choisit pas un bulletin, on classe tous les candidats avec des mentions allant de « Excellent » à « à rejeter ». Le résultat est alors plus fin mais complexe à interpréter.

Une autre équipe, composée d’une économiste au CNRS de Strasbourg, Herrade Igersheim, et d’une universitaire stéphanoise, Antoinette Baujard, testera deux autres systèmes à un seul tour, aux prochaines présidentielles. Des bureaux expérimentaux seront installés à Strasbourg, Saint Etienne, et Louvigny, près de Caen. Les électeurs seront invités à un vote par approbation, qui consistera à choisir un ou plusieurs bulletins, et non pas un seul obligatoirement, l’élu étant celui qui est le plus choisi. L’autre mode sera un scrutin par note . L’électeur note tous les candidats. L’élu a la meilleure moyenne.

Un test a eu lieu en 2007. L’élu de ces bureaux, avec ces deux modes, ne fut ni M. Sarkozy ni Mme Royal. C’était François Bayrou…

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