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François Bayrou : président ou rien

2 min

Si François Bayrou avait voulu devenir un ministre important, un mot aurait suffi. Ses dix huit pour cent du premier tour de 2007 faisait de lui un Kouchner au carré, un Besson au cube, un concentré d’Amara, Bockel, Jouyet, et un Morin puissance dix. Mais Bayrou n’a pas voulu devenir numéro trois ou quatre, ni même numéro deux. Il a préféré tout perdre que ne pas tout gagner. On peut détester cette ambition, la trouver mégalo, inadaptée, à côté de la plaque, tout juste bonne à le conduire dans les fossés de l’histoire, nul ne dira que cette homme change d’idée comme de chemise, ni qu’il ressemble au centriste habituel, version cinquième République, cet élu modéré qui adore la fidélité, mais ne résiste pas à un ministère qui passe. Edgar Faure, grand centriste devant l’éternel, et connaisseur du changement de cap, disait après tout que ce n’est pas la girouette qui tourne, mais que c’est le vent… Il faut croire que Bayrou est un centriste à part, un Béarnais soudé sur son socle, il ne bouge pas d’un millimètre, que le vent soit au nord, que le vent soit aux rires, que le vent soit au blé, comme le chantait Jacques Brel. Cet année, si on l’écoute, « les fils de novembre nous reviendront en mai », et ce n’est pas le vent qui le surprendra, c’est lui qui le fera tourner, puisqu’il a su le voir venir. Il en sûr, et il le dit sur tous les tons. Demandez lui à qui il se ralliera, il répondra que le problème ne se pose pas puisqu’il passera le premier tour. Il jouera son va-tout jusqu’au 22 avril, certain que la présidentielle est la seule occasion de desserrer l’étreinte de la cinquième république qui oblige à se rallier au parti majoritaire de droite ou au parti majoritaire de gauche pour pouvoir exister. Son pari, c’est qu’il sera seul ou presque jusqu’à l’heure du second tour, et qu’il le gagnera. Ce soir là, se régale-t-il par avance, les méprisants, ceux qui haussaient les épaules, ceux qui moquaient sa solitude viendront lui manger dans la main, puisque la main présidentielle est la seule qui nourrit. Il en rêve mais nous ne sommes pas encore là. Qu’il le veuille ou le refuse, il est pris dans un étau, coincé entre la mâchoire de droite et la mâchoire de gauche. Désormais qu’il a un poids, un poids de troisième homme, comme la dernière fois, sa victoire ne pourrait venir que de l’effondrement de l’un des candidats majeurs. Que Sarkozy flanche , ou que Hollande s’affaisse, et il pourrait rafler la mise. Son Austerlitz dépend donc d’une Bérézina. Il n’aime pas cette idée. Il est trop fier, trop mégalo disent ses adversaires, pour accepter d’être élu par défaut.

François Bayrou
François Bayrou
François Bayrou
François Bayrou

Mais si le 6 mai son visage apparaissait sur les écrans de 20 heures, il est probable qu’il oublierait le défaut et qu’il prendrait l’élection…

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