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François Hollande et les "75%" : ou ça passe ou ça casse

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François Hollande a pris un risque en lançant sa proposition sur la taxation à 75% des revenus excédant 1 million d’euros par an pour un célibataire. De deux choses l’une : ou bien les Français sont d’abord choqués par les revenus fantastiques d’une poignée de grands patrons, et cette taxe ne dérangera presque personne. Ou bien cette pression fiscale sur les hyper revenus sera ressentie comme une menace globale, susceptible de concerner tout le monde, et la pilule ne passera pas.

Il y a là comme une épreuve de vérité. Ou en sommes-nous de ce que nous acceptons et de ce que nous ne supportons plus…

Jusqu’au milieu des années 2000 l’impôt était diabolisé. C’était le mal, et le réduire c’était moderne.

Puis est venue la crise, les fermetures de services publics dans les villes et villages, les tensions dans les hôpitaux, les questions sur le bien ou le mal fondé des réductions de postes à l’école, dans les commissariat, dans la justice, puis est venue la découverte des salaires insensés, y compris dans des entreprises issues du public, comme EDF, assortis de protections invraisemblables sous forme de parachutes en or, au moment même où l’on demandait aux salariés moyens, ou microscopiques, d’accepter le risque et de renoncer à leurs acquis…

L’idée de l’impôt (sans être aimée car payer n’est pas aimable), est remontée en grâce. Au point que des candidats à la présidentielle en ont fait le cœur de leur dispositif, ce qui était impensable en 2007.

L’idée a tellement prospéré que François Hollande, le favori, a donc jeté son 75% à la face des téléspectateurs.

A écouter les premières réactions, cette idée a choqué. S’en prendre aux riches heurterait nos consciences et nos mentalités.

Nous pouvons entendre qu’un Smicard français paye 48% de son salaire en prélèvement divers, et donc 480 euros par mois sous forme de CSG, de TVA, etc…

Nous pourrions supporter que le salaire médian soit de 1653 euros chez nous, mais que des voix autorisées puissent dire à cette France là qu’elle a vécu au dessus de ses moyens et qu’il est temps de « faire un effort ».

Nous pouvons entendre que le parlement grec, dans le cadre de ce qui s’appelle un plan de sauvetage octroyé par l’Europe, donc par nous-mêmes, va baisser le salaire minimum de 140 euros en le ramenant à 560 euros, que les retraites seront réduites de 12% après avoir été amputées de 10%.

Mais nous aurions du mal à accepter qu’un revenu d’un, ou deux, ou trois, ou neuf millions d’euros annuels comme celui de Carlos Gohsn soit trop durement frappé.

C’est sans doute que les épreuves ont aussi leur hiérarchie morale. Au petits les petites colères, aux grands les grandes indignations…

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