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Grands loups contre grands mous : le PS entre deux feux

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Dans la dégringolade sondagière des socialistes au pouvoir, il y a les grands méchants mous, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, et les grands méchants loups, Manuel Valls et Jérôme Cahuzac, à la Une de Libération ce matin, présenté comme « Le méchant du gouvernement ». L’un tient le bâton, l’autre le ciseau, et les autres ne tiendraient rien du tout.

La situation est exceptionnelle, avec une crise, historique, un endettement record, et un effort de désendettement peut-être jamais vu, mais ces figures de méchants et de mous sont classiques, et redoutables pour le Président socialiste, car elles le prennent en tenaille entre un procès en trahison, alimenté par sa gauche, et un procès en fidélité, nourri par la droite.

La trahison de Valls et Cahuzac c’est qu’ils seraient de droite.

Valls parce que la gauche bâton imiterait la droite à propos de l’accueil des étrangers, notamment les Roms, qui sont des pauvres et devraient être aidés plutôt que délogés et renvoyés chez eux, ou à propos de l’intégration des français d’origine étrangère.

Cahuzac parce que son ciseau, sensé prendre aux riches et redonner aux pauvres, aurait la main qui tremble avec les forts et ne donnerait que des miettes aux faibles.

Dans le même moment la gauche est accusée d’être fidèle à sa caricature. Elle viderait les caisses de l’état dans des dépenses inconséquentes, le mot de folie revient en boucle dans la bouche de Jean-François Copé. Cette gauche n’aurait rien compris aux changements du monde, elle serait conservatrice, elle aurait une idée statique de la richesse, totalement irréelle et à côté de son siècle. Elle en serait restée au remède de la camisole fiscale au moment où les économies devraient au contraire s’alléger pour s’adapter au mouvement de la mondialisation.

Vu de la gauche, le pouvoir serait donc trop à droite, et vu de la droite il serait momifié dans une gauche de catacombe.

Et ce n’est pas tout. Les deux critiques convergent vers un seul homme. Les durs de cette gauche là seraient tenus par une main molle. Leur chef, le capitaine de pédalo moqué par Mélenchon, montrerait depuis la rentrée, selon la droite et la presse, qu’il est perdu dans la tempête, sans boussole, et sans cap.

C’est un procès classique pour la gauche au pouvoir. Un procès en utilité, en légitimité, et en savoir faire. Mitterrand et Jospin l’ont subi, et ont tenté d’y répondre en se montrant bon gestionnaires… Ca n’a pas empêché la droite de revenir en 86, 93, 95, et 2002, et l’éternel procès de se rouvrir en 2012.

S’il veut durer dix ans, Hollande va devoir trouver autre chose. Il n’est dit qu’il sache bien quoi…

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