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Hollande : 1er mai sur un trône éjectable

2 min

En ce 1erer mai 2013, et sans doute pour la première fois depuis longtemps, peu d’élus socialistes défileront à l’occasion de la fête du travail, et beaucoup l’admettent en privé, en le regrettant. Difficile d’affronter les syndicats qui descendront dans la rue. Cette fâcherie pointe un danger majeur pour la suite du quinquennat : la coupure avec le noyau dur de son électorat…

Après avoir du en rabattre sur l’ennemi désigné, la finance, et sur tous ceux qu’on accusait d’abuser du pouvoir de l’argent, le gouvernement a du faire des concessions. Florange, Mittal, PSA, révolte des Pigeons, les compromis raisonnables ont parfois ressemblé au pèlerinage à Canossa. Ou-bien François Hollande avait tort quand il désignait ses adversaires d’hier, ou-bien il est embarrassé quand il célèbre ses partenaires du jour, les chefs d’entreprise…

Le problème c’est surtout qu’entre temps les salariés, qui ont été ses électeurs majoritaires ont du mal à rapprocher les deux discours, et que le dernier en date ne s’adresse plus à eux.

Bousculé par la crise le deuxième Président socialiste de la cinquième République a été contraint de changer de vocabulaire tout en soutenant qu’il disait la même chose.

Pendant sa campagne il parlait des jeunes, des retraités, de l’emploi, donc des salariés, il allait dans les usines menacées, en clair il parlait aux gens. A peine élu son discours a changé de registre sous la pression de l’économie, des coups portés par la droite, des couacs de sa majorité.

Une analyse de la parole présidentielle réalisée par le Grand Journal de Canal démontre que sur les 190 discours prononcés en un an, le Président Hollande a prononcé 3820 fois le mot France ou Français, 2387 fois le mot Europe ou Européens, 876 fois le mot croissance, 817 fois le mot entreprises, 294 fois le mot compétitivité, 290 fois le mot solidarité, 200 fois le mot salariés…

Sans surestimer ce genre de statistique, il apparaît clairement que l’Europe, l’entreprise, la compétitivité ont été cinq fois plus au cœur du propos présidentiel que la solidarité ou que les salariés.

Il est probable que la même moulinette sémantique, appliquée aux discours de campagne aurait donné des résultats très éloignés, et que cet éloignement explique au moins en partie l’hésitation, ou l’impossibilité, pour les députés socialistes, de se mêler aux cortèges d’aujourd’hui, un peu partout en France.

Il y a comme une rupture entre la base et le sommet. Pour des raisons différentes Nicolas Sarkozy avait connu cette perte de contact avec son électorat, au bout d’un an de mandat. Il ne s’en était jamais remis. Son successeur parait assis sur le même trône éjectable.

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