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Hollande : et le dos, et la tête, à l'Ouest !

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Cet après-midi le Président va choisir entre la peste et la peste. Chômage record, pouvoir d’achat en baisse, récession, investissements en berne, production négative. Il n’a plus qu’une perspective, et il l’a dit devant la commission européenne. Poursuivre ses réformes à l’image de l’Allemagne, qui aurait su faire des choix, en acceptant des sacrifices, et qui en recueillerait les fruits. Problème majeur : le bilan de la récolte allemande a été publié hier. Outre-Rhin la croissance est en panne, comme ailleurs.

Ce qui frappe dans le commentaire officiel, depuis la publication des chiffres de l’Insee c’est une manière très française de voir minuit à sa fenêtre. Une analyse hexagonale qui est répétée en boucle. Elle commente un marasme économique que François Hollande tente de relativiser en le qualifiant de moins profond que la crise de 2008, mais dont la réalité s’impose maintenant dans l’esprit des Français, ce qui en aggrave les conséquences.

En 2013 la France sera en récession, ou au mieux en croissance nulle. Elle ne créera pas de richesse. Le constat est implacable, et sans doute juste. Mais comment ne pas voir que cette France n’est pas un îlot de malheur dans un océan de bonheur européen ? Passons sur les pays du sud, on en a tant parlé, la Grèce attaque sa sixième année de dépression en accélérant le mouvement, mais les pays d’Europe Centrale ou du Nord se mettent aussi à coincer, la Pologne, la Tchéquie, l’Estonie, les Pays-Bas, et désormais le modèle suprême, l’exemple à suivre, la preuve par neuf, l’Allemagne.

Au dernier trimestre 2012 la France en était à -02 %, l’Allemagne à -07% ! Peu importe… Un modèle étant un modèle, et la foi du charbonnier étant la fille de la communauté du charbon et l’acier, les dévots prédisaient un démarrage canon pour l’année 2013. Résultats publiés hier : la même panne que le reste du continent. Croissance de 0,1% au premier trimestre en Allemagne. Explication officielle : il a fait froid !

Le problème de François Hollande, pour en revenir à sa conférence de presse de cet après-midi ne sera donc pas celui de la cohérence. Elle va de soi. Il a choisi. Comme l’expliquait hier l’un de ses très proches, il n’a pas changé de politique depuis un an. D’abord la réduction des déficits, d’abord la compétitivité, ensuite les résultats sociaux grâce une croissance retrouvée.

Le problème c’est que ça ne marche pas. Comment convaincre les Français que l’obsession budgétaire qui asphyxie l’ensemble de l’Europe, et qui fait d’elle une exception dans un monde en croissance finira par donner de l’air et par créer des emplois, alors qu’elle en détruit partout.

« Hollande dos au mur » dit ce matin la Une du Figaro. Le Figaro est optimiste. Hollande n’a pas que le dos, il a aussi le ventre au mur, et les jambes et les épaules. Pour sortir de son placard il faudrait qu’il casse la baraque. Sauf surprise colossale, il va plutôt proposer de poser une toiture.

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