LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Hollande : la face cachée d'un incident

2 min

« François Hollande a manqué son déplacement en Côte d’or », c’est l’information qui tourne en boucle depuis lundi. Motif : le Président a été interpellé par des manifestants venus lui dire leur déception, ou le prendre à parti sur les promesses qu’il n’aurait pas tenues, l’une des personnes a été interceptée par la police sous l’objectif des caméras..

En soi ces images et ces commentaires n’auraient pas d’importance particulière si elles étaient montrées comme l’un des moments de ce déplacement de deux jours. Une sorte de baromètre qui confirme ce qu’on savait : les français ne sont pas contents.

Mais il se trouve que ces anecdotes sont devenues centrales. Le voyage de deux jours s’est résumé à ces images, au point que François Hollande, sur la défensive, a du faire face le lendemain, et assumer : « Tous ceux qui veulent m’interpeller peuvent le faire, a-t-il dit, je ne crains ni ne redoute rien… »

Que ces scènes embarrassent l’élu interpellé est un problème politiquement secondaire : Hollande n’a pas attendu de faire enguirlander à Dijon pour devenir impopulaire, et ce désagrément est au fond la rançon du pouvoir, c’est à chacun son tour, et toujours la même histoire : les majorités redoutent ces accrocs au protocole, et les oppositions s’en délectent à tous les coups.

Mais leur multiplication, et surtout leur démultiplication à l’infini, à travers les télés tout-info ou les réseaux sociaux a une conséquence plus lourde. Elle place le Président devant une alternative impossible. Soit il s’enferme et c’est très mal, soit il se découvre et c’est stupide..

On a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de verrouiller chacun de ses déplacements, en quadrillant les lieux de ses visites par des cordons de police et en triant ses invités qui devenaient des figurants chargés d’applaudir et de hocher la tête à la télé. On a même parlé de village Potemkine, Roselyne Bachelot les a dénoncés quelques semaines après la défaite de mai.

Pourquoi l’ancien Président prenait il ces précautions : pour éviter le renouvellement d’incidents du genre pêcheur du Guilevinec ou salon de l’agriculture, et montrer aux français une image d’optimisme, de réussite et de consensus.

Le nouveau président, par tempérament, et pour faire le contraire, a choisi, lui, de ne pas faire de cinéma, comme disaient ses amis, et de se lancer dans des bains de foule. Lui, il descendrait dans la vraie France : Il vient de réaliser que le contact avec le pays réel ne se résume pas à des sourires et des poignées de main, et du coup c’est cette méthode qui se retrouve dans le collimateur.

Ainsi quand le président se protège, c’est qu’il se coupe du peuple, et quand il se découvre c’est qu’il est maladroit. Etonnez-vous qu’au bout d’un an de mandat ils se soient tous enfermés dans leur bureau. Là au moins ils ont raison, jusqu’à l’élection suivante…

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......