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Hollande : la patate chaude américaine

2 min

L’Elysée en était sûr, François Hollande avait la patate en cette rentrée 2013, grâce à l’amorce d’une reprise économique. Changement de ton depuis samedi : Question patate, Hollande en a reçu une belle, toute chaude, expédiée de Washington. La décision de Barack Obama, ne pas intervenir en Syrie sans l’aval de son congrès, place le Président Français dans une posture impossible.

Tout avait bien commencé sur le perron de l’Elysée. François Hollande, assuré de la volonté américaine et britannique, et convaincu de la nécessité d’agir après le gazage de centaines de civils dans les faubourgs de Damas, avait tenu un discours de fermeté, plutôt approuvé par la classe politique. Le costume de chef de guerre confère toujours, aux premières heures, une dimension particulière à celui qui l’enfile. Il devient l’homme qui décide, le Président, le père de la Nation.

François Hollande était donc à la manœuvre.

Dix jours plus tard il est à la remorque.

Le forfait des Anglais l’a d’abord isolé. Il s’est retrouvé tout seul derrière la Maison Blanche, et pour un Président français, donc pour un lointain successeur de Charles de Gaulle, coller davantage à l’Oncle Sam qu’un Premier Ministre anglais, c’est devenir plus royaliste que la Reine d’Angleterre…

Résultat, le doute s’est insinué en France. Les arrière-pensées de politique intérieure ont conduit les responsables de la Droite, comme Jean-François Copé, à passer des applaudissements à la distance puis aux critiques, et les opposants de gauche, traditionnellement anti-américains, à mettre en avant les dérives et les hypocrisies d’éventuels bombardements.

Troublés, les Français qui avaient approuvé le déclenchement de la guerre au Mali, n’apprécient pas la perspective d’une intervention en Syrie, même mesurée et limitée.

Comme les mêmes questions se sont posées dans l’opinion américaine, Barack Obama, de son côté, a décidé de ne pas décider : il a confié de fait à son congrès, c'est-à-dire à la majorité républicaine, le soin d’envoyer les missiles, ou de les retenir. C’est une manœuvre habile : il met devant leur responsabilité des élus en général faucon, et qui vont se retrouver dans le rôle de la colombe, pour contrarier leur président, s’ils renoncent à frapper.

Mais cette manœuvre, cette patate chaude envoyée à son opposition, le Président américain la balance en même temps à son seul allié de poids.

De quoi a l’air ce matin ce Président socialiste Français, qui parle avec la fermeté du chef, mais qui se retrouve contraint d’attendre la décision de la Droite américaine ?

Rien ne devrait se passer jusqu’au 9 septembre, date de la reprise des travaux du congrès américain, et c’est une éternité. La seule issue pour François Hollande serait finalement de faire son Obama, c’est à dire de mettre au pied du mur les députés français qui lui réclament un vote, en le leur accordant. Cette fois c’est le parlement qui aurait la patate, et qui la trouverait brûlante…

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