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Hollande : la réplique ou l'autre joue ?

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Malmené par la crise, attaqué sur sa gauche, combattu sur sa droite, retoqué par le conseil constitutionnel, François Hollande présentera ce soir ses premiers vœux de Président aux Français. Le ton de son intervention dira si, oui ou non, il a pris la mesure des problèmes qui l’assaillent.

A gauche, le parti communiste vient de diffuser un document incendiaire, dans lequel il dénonce, avec rires à l’appui, ce qu’il appelle « les promesses non tenues du Président de la République ». La tonalité de ce brûlot ne place le Front de gauche dans la catégorie des alliés exigent, mais clairement des opposants.

La Droite est vent debout. Sur la forme, le locataire de l’Elysée, le gouvernement, et le PS sont accusés d’amateurisme, et, sur le fond, de mener une politique « idéologique » quand des décisions sont prises, et pas de politique du tout, quand les choix ne sont pas énoncés clairement. L’épisode de la taxe à 75%, qui aurait concerné 1500 personnes, a ainsi permis à cette droite de distiller l’idée d’un matraquage qui en assomme soixante millions.

Naturellement, la décision du Conseil Constitutionnel, même si elle est technique et non pas politique dans ses attendus, n’a pas arrangé les affaires du pouvoir, et vient conforter cette attaque partisane.

Et comme ce climat politique délétère est naturellement alimenté par la hausse du chômage, et par la crise en général, l’homme qui viendra ce soir devant les Français, pour un message traditionnel, fait figure de Président assiégé, dans une situation exceptionnelle.

Que pourra-t-il dire qui puisse déplacer les montagnes de scepticisme qui accompagnent chacun de ses pas.

Il pourra déclarer la guerre. La guerre contre la crise et le chômage, ce qu’il a déjà fait, et fera sans doute encore, mais aussi la guerre contre la droite et même contre la gauche de sa gauche. Relever le gant en quelque sorte. Tracer sa ligne, comme on lance un défi à ses ennemis déclarés.

Il pourra aussi dédramatiser les enjeux, et c’est, si l’on en croit ses conseillers, la ligne qu’il va choisir. Dire que le plus gros de la crise est derrière nous, que 2013 sera difficile, mais que l’horizon s’éclaircira en fin d’année. Ne pas relever que la droite est implacable, prêcher la concorde et les concessions, en espérant, contre toute attente, qu’une issue favorable soit trouvée, par exemple, à la négociation sur le marché du travail.

Et faire « comme si » la majorité n’était pas fissurée sur sa gauche…

Faire « comme si » sur tous les plans, en appliquant la fameuse méthode Coué suivie bien avant lui par Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy. Mimer la paix et la sérénité.

Ne pas officialiser la guerre qui lui est menée sur trois fronts, celui de la crise, celui de la droite, celui de la gauche.

Et risquer, sous couvert de hauteur, de pratiquer la politique de l’autruche, en pariant sur l’idée que cet animal serait présidentiel ce qui est audacieux.

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