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Hollande à la télé : To be or nor to be

2 min

A peine dix mois et déjà quitte ou double. Le rendez-vous de François Hollande avec les Français, ce soir fait penser à celui de son prédécesseur, au bout d’une année de mandat. La maille avait lâché et le lien s’était rompu, jusqu’à l’échec de mai 2012. Si le Président de 2013 ne reprend pas l’initiative il aura beaucoup de mal à remonter une pente qui ressemble à un toboggan plutôt qu’à une montagne…

On l’attend sur une foule de sujets, chômage naturellement, pouvoir d’achat, impôts, mariage homosexuel, Mali, son entourage explique que le Président fera de la pédagogie, et la parti socialiste en ébullition espère l’annonce d’une mesure forte en manifestant son inquiétude de plus en plus ouvertement.

Avant-hier une déclaration du député de Paris Pascal Cherki a semé l’émotion, il reprochait au Président de parler, je le cite, une « novlangue imbittable ». Et hier le groupe PS a carrément voté au sénat avec le groupe UMP, et contre le gouvernement, pour retirer les allocations aux familles qui ont perdu la garde de leurs enfants sur décision de justice…

Tout se passe comme si la présidence se vidait de sa substance, donc de son autorité, et qu’au-delà de la confrontation automatique entre l’UMP et le PS, l’absence de ligne politique émiettait la majorité en une foule de sous groupes plus ou moins oppositionnels. Bref les symptômes d’une armée démoralisée, qui redoute la déroute.

Il se trouve que ce malaise identitaire de la majorité ne profite pas à l’opposition classique. Un sondage CSA-RTL publié ce matin confirme le doute sur François Hollande mais indique que plus de la moitié des français ne regrettent pas Nicolas Sarkozy, et soixante quatre pour cent ajoutent même que l’ancien chef de l’état ne ferait pas mieux que celui d’aujourd’hui, ce qui nous renvoie d’ailleurs à l’élection de l’Oise où le PS a été sanctionné au premier tour et l’UMP au second…

C’est que le malaise dépasse le terrain national, et que la crise, qui est européenne, est entrée dans les consciences, avec la certitude, juste ou fausse, que les décisions ne se prennent plus à Paris, ce qui renvoie François Hollande à sa campagne présidentielle. Il avait promis, grand 1 de réduire les déficits, donc d’être un bon élève, mais de lutter contre le dogme de l’austérité, donc de contrarier Mme Merkel. Il applique le grand 1, mais a oublié le grand 2.

S’il veut reprendre l’initiative il ne peut pas se contenter d’une nième mesure technique, à la quelle personne ne croira, mais devra redonner du contenu au message politique qui l’a porté à l’Elysée, c’est à dire parler fort et devenir le porte parole d’une revendication qui traverse l’Europe entière, et qui réclame de la relance, quitte à fâcher Berlin.

Osera-t-il ? That is the question, mais l’enjeu c’est d’être ou de ne pas être.

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