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Hollande, la tentation du silence à l'espagnole

2 min

« Vous, vous avez Hollande. Nous, nous avons Rajoy !!!

« Ils manquent de charisme tous les deux, et ils essaient tous les deux d’en dire le moins possible…. »

Voilà ce que nous confiait il y a quelques jours un diplomate qui connait bien la France et l’Espagne…

Que retenir en effet de la large victoire, ce matin, du candidat de la droite à Madrid ?

Primo, les mêmes causes produisent les mêmes effets partout en Europe : les gouvernements en place sautent, victimes les uns après les autres de la situation économique…

Parfois, ils implosent directement : Papandreou, Berlusconi, l’addition, merci, au revoir !

Le plus souvent, ils sont emportés par les urnes : adios Zapatero !

Secundo, la stratégie du silence paye. Car voilà la marque de fabrique, depuis 3 mois, du flegmatique Mariano Rajoy : il n’a rien dit.

Profil bas, formules ambigües, propositions floues… Pt’être bien que oui, pt’être bien que non… On ne sait à peu près rien de ce qu’il va faire sur LES dossiers clés : la dette et surtout le chômage.

François Hollande, de la même génération que Mariano Rajoy, ils ont 7 mois d’écart, parait tenté d’adopter la même stratégie : l’attentisme. Pt’être ben que oui, pt’être ben que non.

Leur différence de couleur politique ne change rien à l’affaire.

Le fait que désormais toute l’Europe ait basculé à droite, à l’exception des confettis chypriote, slovène ou danois, n’y change rien non plus.

Le candidat socialiste est en droit de penser que les mêmes causes produiront les mêmes effets… en France. Et qu’il suffit donc… d’attendre. En misant sur l’image en négatif de la « facture » du président sortant.

Tentation du robinet d’eau tiède, renforcée par la volonté de se démarquer de la manie gesticulatrice de Nicolas Sarkozy.

Cette stratégie de l’immobilisme est à l’œuvre, consciemment ou inconsciemment, dans le comportement de celui qui s’imagine en « président normal ». Son dernier discours, à Strasbourg, avant-hier soir, devant les Jeunes socialistes, en est l’illustration. Morceaux choisis :

  • « La clé du redressement se trouve dans la jeunesse ».

  • « Aucun jeune de 16 à 18 ans ne sera sans solution »

Que celui qui est en désaccord avec ça lève la main ! En dire le minimum. Juste ce qui fait consensus. Mais en France la méthode Rajoy est un pari risqué.

Non pas tant en raison de l’identité probable de l’adversaire, Nicolas Sarkozy… Qu’en raison d’une forme de tradition française.

Un « ADN » qui n’aime guère la proclamation de l’immobilisme. L’ADN d’un pays qui se plait à se croire important.

D’un pays qui, même lorsqu’il est immobile, aime à se présenter en mouvement.

D’un pays où les intellectuels, de Rabelais à Camus en passant par Hugo aiment à combattre l’immobilisme.

La méthode Rajoy, c’est peut-être admettre le réel : le fait que les politiques n’ont plus guère d’influence sur le cours des choses. Mais pour gagner la présidentielle en France, admettre le réel n’est pas nécessairement la bonne méthode.

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