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Hollande : le bonheur c'est toujours pour demain

3 min

François Hollande allait-il répliquer à tous ceux qui le combattent sur sa droite, qui le critiquent dans le pays, ou qui doutent sur sa gauche ? Ou allait-il tendre la joue dans un mea culpa ? Il n’a fait ni l’un ni l’autre. Il a botté en touche en donnant rendez-vous à plus tard. C’est une façon de passer entre les gouttes pour l’immédiat, et une manière risquée de se mouiller pour demain voire de se noyer. Quasiment un quitte ou double.

Ces vœux étaient accompagnés de faits contrariants pour l’Elysée, les couacs du gouvernement, la posture clairement oppositionnelle du Front de gauche, les mauvais chiffres de l’emploi, les sondages calamiteux, la perspective d’une manifestation contre le mariage homosexuel le 13 janvier prochain, la taxation à 75% retoquée par le conseil constitutionnel, le tout entraînant un commentaire quotidien extrêmement négatif dans les medias dominants.

Face à cette tempête, le capitaine a décidé de dire à sa manière, en huit petites minutes, que tout cela n’était que du vent, et que les faits, les vrais, feraient taire la rumeur.

Ce « vent », ce « bruit » de fond, il l’a évoqué à deux reprises, dans son introduction et dans le corps de son discours, pour dire qu’il « n’ignorait rien des inquiétudes, qui sont légitimes », et pour admettre des « soubresauts et des contretemps ».

Mais l’essentiel de son propos, hier soir, revenait à soutenir que contrairement à ce que dénoncent les sceptiques, ou les critiques, beaucoup a été fait, dans l’ordre et la méthode, et que ce qui a été engagé trace un cap qui a un sens.

Les comptes publics auraient été rétablis, le pacte de compétitivité redonnerait de l’air aux entreprises, et la finance, la fameuse, désignée comme un ennemi pendant la campagne serait arraisonnée. Le tout aurait été accompli dans la justice fiscale, la justice sociale, et la justice entre les générations…

Et tout cela conduirait, à échéance d’un an, à une inversion de la courbe du chômage.

Le pari de François Hollande est là, et c’est un pari redoutable, car ce genre de déclaration ne coûte rien sur le moment, mais il est terrible quand il repasse en boucle, plus tard, si le pari n’est pas gagné.

Ce qu’a dit François Hollande hier soir, d’une façon minimale, c’est que les commentaires commentaient, mais que lui agissait, et que les faits parleraient pour lui.

Ils parleront effectivement.

Si la situation économique et sociale se stabilise, et donne ne serait-ce que quelques signes encourageant, il pourra triompher. Faire taire les malveillants, les Cassandre, et les bavards.

Mais si, comme le soutiennent presque tous les économistes, qui, il est vrai se trompent tellement souvent, si la croissance ne revient pas du tout, donc si le chômage empire, et si le déficit n’est pas maîtrisé, alors les faits de demain parleront effectivement. Ils étaient le refuge du Président le 31 décembre 2012, un an plus tard, à 20 heures, ils deviendront un piège

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