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Hollande : le social sinon rien

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Les merdes volant en escadrille, comme le disait Jacques Chirac, François Hollande est contraint de faire savoir qu’il ne prend pas de vacances à l’occasion de Noël, ce qui suscite de nouvelles moqueries. Quoi qu’il fasse et décide le Président Français se trouve en ce moment dans une spirale négative. S’il ne l’interrompt pas par une stabilisation économique, son année 2013 pourrait être infernale.

Le Président de la République affronte une crise dont l’ampleur se lira cette semaine encore, dans les statistiques du chômage. Il espérait compenser cette mauvaise passe par la bonhommie et la rondeur qui l’ont porté au pouvoir. Il s’avère que loin d’avoir apaisé les divisions, sa méthode « douce », qui consiste ne braquer personne, n’a fait qu’enflammer les oppositions, sur sa droite comme sur sa gauche.

En voulant plaire à tout le monde, et en envoyant des signes d’ouverture à tous les groupes de pression, François Hollande a donné à ses électeurs de mai le sentiment qu’il ne tenait pas sa ligne, et à ses adversaires la certitude qu’il ne tenait pas la route.

Le résultat, en cette trêve des confiseurs, c’est que les sujets de société sur lesquels il comptait pour imprimer sa marque sont devenus des occasions de déchirements supplémentaires.

Sur le mariage universel, et la procréation médicalement assistée, il a beaucoup hésité, donnant d’abord des gages aux maires qui ne voulaient pas célébrer la nouvelle union, avant de lâcher du lest en direction des associations d’homosexuels, qui veulent aller plus loin que le mariage promis dans sa campagne, pour décider de ne pas décider, et de s’en remettre au parlement. Résultat le PS a tenté d’accélérer, mais une trentaine de ses députés ont le pied sur frein.

Sur le vote des étrangers aux élections municipales même tango argentin, et même mécontentement venu de la droite, ce qui est classique, mais aussi de la gauche, ce qui est plus embêtant.

Sur le budget, la droite est vent debout, on le voit avec l’affaire Depardieu qui sous entend que le pouvoir serait impitoyable avec les riches, mais l’aile gauche est également furieuse en accusant Ayrault et Hollande d’être faible avec les forts, et dure avec le peuple.

Il y a du mou dans le manche, et pourtant les mesures économiques qui ont été adoptées, et imposées, sont assurément les plus lourdes, et les plus fermes, qu’un gouvernement ait jamais appliqué depuis plus de cinquante ans.

Le président ne sortira donc pas de sa mauvaise passe par le sociétal, mais par l’économie, ou rien.

Qu’il change ou non de gouvernement, il a le dos au mur. Soit il désendette la France, et la relance en même temps, et l’opinion recommencera à croire au petit papa Hollande, soit le pays aura plongé dans le chômage et la récession, et les municipales de mars 2014 ne seront pas mauvaises pour la gauche, elles seront catastrophiques.

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