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Hollande-Sarkozy : adieu Mandela, bonjour 2017

3 min

Vivant, Nelson Mandela a vaincu l’Apartheid. Mort il guérit les écrouelles françaises. Il réunit l’eau et le feu, le flegmatique et le nerveux, Pépère et Zébulon, Hollande et Sarkozy. Les deux hommes vont faire ensemble le voyage en Afrique du Sud, en pensant à Mandela, ça va des soi, mais d’abord à 2017.

Ce qu’ils inaugurent par la caresse, c’est les coups qu’ils espèrent se porter dans trois ans, l’un pour se perpétuer, l’autre pour se ressusciter. L’actuel invite l’ancien, pour avoir l’air Président, c’est à dire homme au dessus des partis, père tranquille de la nation, et le prédécesseur accepte, pour montrer qu’il est là.

Hollande en majesté, alors que son trône est à la traîne, Sarkozy en puissance, alors que ses rivaux potentiels, Fillon, et désormais Juppé, lui font savoir qu’ils ne s’effaceront pas. Les Français vont aimer cette image, même s’ils n’en seront pas dupes. Ils adorent la cohabitation. Ils vont même en découvrir un parfum inédit, avec non pas un Président et un Premier Ministre, mais carrément un Président et un Président.

Pour François Hollande, ce « beau geste » est une espèce de session de rattrapage du 15 mai 2012. Ce jour là le nouvel élu, sans doute agacé par le petit groupe de siffleurs sarkozyste massés devant l’Elysée, n’avait pas raccompagné l’ancien. Il avait tourné le dos, tandis que le battu et son épouse marchaient vers leur voiture.

L’effet avait été mauvais. Il y avait pire qu’un manque d’élégance, une absence de hauteur dans le premier geste de celui qui venait d’accéder au sommet, donc c’était contradictoire.

Cette invitation magnanime effacera cette sensation. Les conseillers de François Hollande, tout en se méfiant de la tendance de l’invité à tirer la couverture médiatique à lui, espèrent bien que cette image consensuelle aura le même effet sur Hollande que la fréquentation de Chirac en a eu sur Mitterrand à partir de 1986, ou celle de Jospin en a eu sur Chirac après le désastre de la dissolution… Elle rappellera surtout que le Président c’est lui.

Pour Nicolas Sarkozy, l’invitation tombe également à pic. Elle prouve, contrairement à ce qu’avait dit François Fillon, que sa défaite de 2012 ne l’a pas rétrogradé au rang de candidat potentiel à l’égal de tous les autres, mais qu’il demeure pour ainsi dire unique.

Cet événement correspond à la « stratégie du retour », développée par ses proches, et dont se font l’écho le Nouvel Observateur ou Marianne de cette semaine, ainsi qu’une foule d’articles dans à peu près tous les journaux.

Toutes ces fausses confidences expliquent que l’ancien Président est maintenant apaisé, qu’il sait écouter, en somme qu’il a changé, comme il avait changé en 2007, et changé à peu près tous les ans depuis le début de sa carrière. C’est bien connu, en politique il y a toujours un Sarkozy nouveau, comme en viticulture il y a le Beaujolais d’automne.

Il changé, donc est il le même, ce qui veut dire qu’il ne pensera qu’à ça, même en se rasant, dans son avion…

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