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Hollande-Sarkozy : le tournant des neuf mois

2 min

Comme chacun le sait, les enquêtes d’opinion ne sont pas des hirondelles, elles ne font ni le printemps ni l’hiver, mais le sondage de ce matin, un « Orange-BVA-Radio France » marque un moment particulier dans le match qui oppose, de fait, le Président actuel, François Hollande, à son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Depuis le mois de mai dernier, des milliers et des milliers de commentaires ont comparé les deux courbes en opposant l’état de grâce de 2007 à l’état de disgrâce de 2012.

Il se trouve que ce mois-ci les courbes se croisent, ou tout au moins qu’elles se recoupent : Neuf mois après son élection, la côte du Chef de l’état de 2007 plongeait fortement. Neuf mois après un début de mandat tourmenté celle du locataire 2012 de l’Elysée connaît un certain regain.

Il y a cinq ans, selon le même institut, Sarkozy se retrouvait à 45 points de satisfaits après avoir perdu 5 points en un mois, et ce matin Hollande est placé à 44%, après en avoir gagné cinq.

Il bénéficie naturellement de l’effet guerre du Mali, qui donne un certain volume à une stature présidentielle que l’opinion lui contestait depuis la première heure. L’idée dominante, une multitude de couvertures de magazines en attestent, était que M. Hollande ne savait pas trancher, donc pas faire le Président.

Il l’a fait, et les dernières nouvelles de Tombouctou renforcent encore cette impression nouvelle. Cette découverte d’un chef, dans une société inquiète et qui aspire à l’autorité, est certes fragile, et peut-être provisoire, car nul ne sait comment finira l’affaire malienne et si le recul des islamistes est un effondrement ou une tactique de guérilla.

Mais les faits sont là, et leur effet est renforcé par la tournure droite-gauche du débat sur le mariage. L’importance de la résistance des opposants, dans la rue comme au parlement à partir d’aujourd’hui, va donner du volume à cette idée d’autorité de l’Elysée version Hollande, sauf s’il cède naturellement.

Il y a cinq ans, à ce moment du mandat, l’Elysée version Sarkozy avait pris le chemin inverse. Après un départ virevoltant et hyperactif, le Président s’était déprésidentialisé avec ses épisodes Eurodisney, son voyage d’amour au pays des pyramides, et sa conférence de presse tragique dans laquelle s’étaient mêlées la fin des illusions sur le pouvoir d’achat (« les caisses sont vides » avait-il dit) et le début de ses amours à lui tout seul (« entre Carla et moi c’est du sérieux »)

Au bout de neuf mois l’un a l’air de construire son image présidentielle, et l’autre a semblé se défaire. Avec Sarkozy, on sait que cette tendance à l’autodestruction a duré tout un mandat. Avec Hollande on ignore si cette manière de tenir la barre va durer plus d’un hiver. Une fois la guerre finie ou enlisée, une fois le mariage voté, le chômage l’attendra au tournant, et ça, c’est un ennemi qui ne se dissipera pas en deux temps trois mouvements…

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