LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Hollande sur TF1 : "Putain, deux ans !"

2 min

Ce qui frappe dans le virage de François Hollande, hier soir sur TF1, c’est qu’il est d’abord formel. Fini le Président Gouzi Gouzi, qui charme et qui sourit, bonjour le Chef d’état tendu sur son cap, dans la tempête, mâchoires serrées.

Rien à voir, pourtant, avec le virage de François Mitterrand en 1983, contraint de faire le contraire de son programme de campagne. Hollande n’est pas dans un virage mais dans un durcissement. Il n’a pas promis de changer le monde, mais de faire avec. Il avait dit que le déficit serait ramené à 3% dès 2013, et à l’équilibre à la fin de son mandat. Sur les impôts, selon sa formule de campagne, la question n’était pas de savoir s’ils allaient augmenter, parce qu’ils augmenteraient avec lui ou avec son adversaire, mais de savoir qui allait les payer…. Sur le travail, il renverrait, en social démocrate affiché, à une conférence entre partenaires sociaux.

Aucune surprise par conséquent, mais un changement d’éclairage. Pendant la campagne, François Hollande avait mis en évidence les avantages de sa social-démocratie. Désormais il doit en assumer les rigueurs, voire les austérités. Promettre qu’on tiendrait les déficits était une chose, faire payer l’addition en est une autre. Mettre en avant l’effort fiscal des riches avait un certain succès, rappeler que tout le monde sera sollicité a des inconvénients. Alléger le coût du travail pouvait être un soulagement, alourdir la CSG ou établir une certaine flexibilité pourrait devenir une épreuve.

Si François Hollande a été contraint de souligner plus vite que prévu les aspects douloureux de son programme social-démocrate, c’est qu’il est cerné par les urgences.

Cerné par la crise, par le chômage, par le budget. Cerné par la gauche de la gauche qui exige l’application du programme de Mélenchon, par les associations qui revendiquent sur les Roms ou sur la délinquance l’abandon de la répression, par les écologistes, qui réclament la fin du nucléaire, par la droite, qui ordonne l’application du programme de Sarkozy ou s’indigne de son démantèlement.

Et cerné par la presse qui exprime une impatience publique, avec le doute qui l’accompagne : « Mais que fait le Chef ? Est-ce qu’il est là ? Y a-t-il un pilote dans l’avion ? »

Donc le Chef s’est montré. Et aux injonctions multiples qui lui demandent des décisions, tout de suite, il a répondu par un agenda, comme Schroeder. D’abord deux ans, pour le redressement… Une manière de se donner de l’air, donc du temps. De desserrer l’étau… De dire en se pastichant lui-même : « Le bilan c’est pas maintenant »…

Une manière aussi de se poser en président, pour dire que le temps de l’action politique est plus long que le temps des semonces médiatiques, et qu’en tout état de cause, il est plus compliqué de piloter un pays que de planquer sa fortune en Belgique…

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......