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Hollandie : le moral dans les chaussettes

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François Hollande c’est l’anti-alchimiste. L’homme qui transforme en plomb les atouts de sa rentrée. Mauvais sondages, élections partielles catastrophiques, discours contradictoires sur la fiscalité, hésitations, mésentente au sommet, l’inquiétude monte chez les élus PS.

Quelque chose ne colle plus dans le discours de l’Elysée. Depuis son élection François Hollande répète, avec un air tranquille, qu’il a plus réformé en un an et demi que d’autres en plusieurs mandats, et qu’un jour, en dépit des critiques, les faits parleront d’eux-mêmes.

Les faits il les a même anticipés l’année dernière, en parlant d’une reprise, ou d’un début de reprise, et d’un mieux sur le Front du chômage avant la fin 2013.

Logiquement, les faits parlant d’eux-mêmes, Hollande aurait du engranger. Il était seul et passait pour un benêt, et voilà que l’ensemble des organismes économiques prévoient désormais ce retour de croissance, certes faiblard, mais qui contraste avec la récession prévue. Quant au chômage, il est plutôt sur le ralentisseur que l’accélérateur.

Hollande devrait donc remonter. Se consolider. Or il s’enfonce à des niveaux maintenant record. Non seulement les faits ne parlent pas d’eux mêmes, mais les messages politiques que reçoit l’opinion disent exactement le contraire, d’où la colère de l’aile gauche du PS qui réclame que le terrain idéologique ne soit plus abandonné, et qu’on redonne du sens aux notions de droite et de gauche, en pleine percée de l’extrême-droite.

La politique du dos rond, disent les élus de gauche inquiets, est en train de tourner à celle du chien crevé au fil de l’eau. Faute de pédagogie, et d’autorité, les atouts potentiels deviennent des handicaps.

Exemple, le début de reprise aurait pu justifier un discours cohérent sur les efforts, donc sur la hausse des impôts, mais la posture défensive, sur le ras-le-bol fiscal a donné du crédit au discours de la droite.

Exemple encore, l’opposition est faible, elle est morcelée, sans projet, divisée par une guerre des chefs que les dernières déclarations de Fillon ne vont pas apaiser, mais même cette faiblesse ne profite pas au pouvoir. Au contraire. Les clans opposés donnent de la voix, et cette surenchère parait tétaniser le gouvernement.

Exemple enfin, le climat social aurait pu rassurer. On annonçait des révoltes, elles ne sont pas aux rendez-vous, mais elles sont remplacés par une multitude de foyers périphériques, un coup une taxe, un coup une polémique, un coup les Roms, un coup Alcatel, tout cela donne au pouvoir l’air d’un pompier dépassé par les événements.

« Il faut donner du sens », réclament les élus socialistes. Ce matin le Conseil des Ministres examine la loi Taubira. Une occasion pour le Président d’affirmer qu’il est à gauche. Mais la loi sera votée au printemps, après les élections, comme si elle était gênante.

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