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Horreur ! Les Suisses vont planquer leurs sous en France

3 min

C’est terrible, les Suisses vont planquer leur argent en France, et si ça continue leurs cerveaux vont se réfugier à Paris. Les Suisses ont en effet déclarés hors la loi les parachutes en or de leurs grands patrons, et dans la foulée les socialistes helvétiques envisagent de proposer une loi qui limiterait l’écart entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas dans une entreprise à une fourchette de 1 à 12. Ca ferait quinze mille euros par mois pour Carlos Ghosn au lieu d’un million actuellement… Imaginez le débat en France si cette proposition était seulement envisagée…

Imaginez la Une du Figaro, les tribunes, les réactions du Medef, la consternation des économistes officiels devant ce qui deviendrait un problème national d’inadaptation à la mondialisation, d’incapacité à s’inscrire dans le XXIème siècle, de jalousie maladive et haineuse vis-à-vis de l’argent gagné par les plus entreprenants, la France de l’assistance opposée à la France des créateurs.

D’ailleurs ne l’imaginez pas. Souvenez-vous du déchainement provoqué par la perspective de taxer, pendant deux ans, à 75%, l’argent gagné après le premier million en une seule année, et pour une seule personne. Souvenez-vous : la spoliation, l’atteinte au droit de propriété, le Conseil Constitutionnel…

Or ce que les Suisses ont voté à une majorité de 64%, dans un référendum, et dans tous les cantons, ce n’est pas 75%, c’est 100% des retraites chapeau. Exemple avec l’homme qui a déclenché la mesure. Daniel Vasella, président de Novartis, patron le mieux du pays, et qui devait partir avec soixante millions d’Euros. Il y a renoncé pour sa retraite, non pas à 75% pendant deux ans, mais à 100% et pour toujours.

Les Suisses ont-ils attrapé un virus communiste qui transformerait le pays des coffres-forts en nation de la coutellerie entre les dents ? Sont-ils exceptionnels ? Non ! Les allemands vont légiférer, les hollandais vont plafonner ces primes de retraite à soixante quinze mille euros, même les Anglais y réfléchissent.

Tout le monde s’y met mais la France a la main molle et le verbe dur. En France le gouvernement socialiste a limité le salaire des grands patrons du secteur public, c'est-à-dire de peu de monde, et le précédant Président de la République en a parlé cent fois sans joindre le geste à la parole.

C’est qu’on est embêté. Ca fait débat, parait-il. Ce serait très lourd à ce qu’on dit. Est-ce que ce ne serait pas une atteinte à la propriété, à la liberté des conseils d’administration, est-ce que l’autorégulation ce n’est pas mieux, est-ce que les talents ne quitteraient pas le pays, est-ce que ce serait constitutionnel ?

Ce débat est en fait dépassé. Ces rémunérations insensées, ces retraites folles, sont simplement insupportables, et ne sont plus supportées, donc les gouvernements les règlementent partout. Mais pas en France. En France ce serait la révolution.

La France en est encore à la peur des bolcheviques à droite, et au congrès de Tours à gauche.

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