LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Insécurité : la grande peur des socialistes

2 min

Affaire du bijoutier de Nice, manifestations favorables à l’autodéfense, pétition massive sur Internet, bande agressive aux abords d’un lycée parisien, polémiques à l’assemblée, la France revit le syndrome de Papy Voise, ce vieux monsieur agressé à la veille de la présidentielle de 2002, et montré à la télévision.

La délinquance est redevenue incontournable, comme à la veille de l’élimination de Lionel Jospin. La Droite reproche au pouvoir socialiste d’avoir vidé les prisons, bien qu’elles soient surpeuplées, et d’appliquer une politique laxiste, bien que les lois Taubira n’aient pas encore été votées.

Mais la perspective des peines de probation enverrait un signal, et la fin annoncée des fameuses peines plancher donnerait aux délinquants un sentiment d’impunité. Les effets de la réforme pénale repoussée à l’été précèderaient sa discussion, son adoption, et les décrets d’application

Résultat, alors que la poussée présumée du Front National est partout annoncée comme un fait vérifié, alors que l’UMP voit dans chaque fait-divers la preuve des fautes de Christiane Taubira, pour ne pas dire des crimes, alors que les dissensions entre le ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Justice ont culminé cet été, chaque agression, chaque vol, chaque violence devient un événement de portée nationale. Un fait de société qu’on dénonce dans les medias.

Que fait la majorité ? C’est simple : pendant que la droite allume le feu cette gauche a peur de se brûler ! Mis à part Christiane Taubira qui assume sa politique, le pouvoir rentre la tête dans les épaules, il temporise, pour un peu il s’excuserait.

A peine conteste-t-il à l’UMP le droit de parler plus fort que son bilan médiocre. A peine reproche-t-il à des élus de la République, donc à des représentants de l’ordre, de défiler à Nice parmi des partisans de l’autodéfense.

La PS au pouvoir a pourtant beaucoup évolué depuis quinze ans sur les questions d’insécurité, et Manuel Valls le répressif n’effarouche pas grand monde chez les élus socialistes, mais cette gauche n’assume pas sa différence.

Elle veut bien mettre en avant sa sévérité sans faille, sa police plus nombreuse, sa détermination farouche, mais elle n’ose pas affirmer qu’à la sanction, elle ajoute la prévention, et la réinsertion. Elle ne le fait qu’à voix basse, sans le dire trop haut de peur d’avoir l’air laxiste, même si toutes les statistiques démontrent que le tout carcéral est une impasse qui garantit la récidive.

Cette gauche a l’air gênée de penser différemment de la droite à l’approche des élections, comme si sur ce terrain elle était battue d’avance. Alors elle rase les murs de la prison. Elle repousse sa réforme à l’après-municipales, et comme la pire des défenses c’est de ne pas attaquer, le débat reporté au parlement s’envenime dans le pays, et s’envenimera jusqu’au printemps, multipliant les Papy Voise, et les bijoutiers de Nice.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......