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Inventaire pour un vaudeville

2 min

L’affaire Valérie Trierweiler c’est un inventaire à la Prévert, raton laveur compris.

Dans cet inventaire là, on trouve d’abord un étonnement : Comment une journaliste a-t-elle pu balancer une telle information, sauf à être pyromane ?

Dans l’inventaire aussi, l’inconscience présumée d’une femme, qui ne voulait pas être la première dame, qui revendique sa liberté, mais qui n’aurait pas remarqué qu’elle a changé de statut. Cet hiver elle était un Deltaplane, et ce printemps un airbus A380 et elle n’aurait pas noté que la résistance de l’air, la trainée comme on dit en aéronautique, n’est pas la même avec une aile volante, et un avion géant.

Et il y le raton laveur…

Mais revenons à l’inventaire : il y a la droite qui se régale, les pires ennemis du Président qui y voient l’image de son incompétence, et qui proposent de ne pas envoyer la gauche à l’assemblée dimanche, mais au théâtre de boulevard, où se jouent les vaudevilles…

Dans l’inventaire il y a le peuple, qui la trouvait distinguée, et qui est incrédule. Les divorces, les remariages, les concubinages, ils font partie du décor, ils ne choquent plus personne, mais qu’une nouvelle élue s’acharne sur une ancienne compagne, ça, ça lui paraît déplacé et sans doute d’un autre temps.

Dans l’inventaire des dégâts, il y encore le Premier Ministre encombré à quatre jours d’un second tour qui se présentait plutôt bien, dans l’inventaire il y a la machine médiatique qui rediffuse la séquence où Valérie exige de François un bisou sur la bouche, dans l’inventaire il y a tout un bric-à-brac dont on ne sait s’il coûtera cinquante sièges ou simplement des dégâts ridicules, mais secondaires.

Et il y a le raton laveur. Le truc en plus.

Cette chose peu soulignée dans la masse des commentaires.

Cette chose c’est que Valérie Trierweiler est féministe. Sa liberté de femme elle la réclame et elle l’assume en voulant conserver son métier et son indépendance financière.

Or quelle remarque affleure derrière l’ouragan de presque toutes les considérations ? Que l’aventure d’une féministe a tourné à l’histoire de bonne femme. Que la « first girl friend » comme l’appellent les américains a confondu le privé et le public. Qu’elle a cédé à une pulsion, contre une rivale, dans une affaire passionnelle. Et les plus ironiques ajoutent la bouche en cœur : « le Président ne sait pas tenir sa femme ».

Tenir sa femme ! Comme au début du XIXème siècle…

Bilan de l’opération, vu du côté des commérages : Une femme jalouse qui échappe à son propre contrôle, et à celui de son homme… Si ça ne vous rappelle pas les clichés les plus désespérants, c’est que cette affaire n’existe pas. Or elle existe, elle fait rire, et c’est une féministe qui l’a nourrie, pour afficher sa liberté…

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