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"Je vous écris sans aucun intermédiaire"

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Trois choses à retenir de la conférence de presse du président sortant, hier après midi. La première c’est que nous sommes en fin de campagne, et que les candidats ont décidément tout dit. De la même façon que le programme de François Hollande, la veille, était un résumé de ses propositions déjà connues, la plate forme de Nicolas Sarkozy ne contenait aucune nouveauté majeure Cet épuisement du contenu au profit d’une amplification de la forme, de la parole, et du geste, donne le ton des dix sept jours qui restent avant le 22 avril. Nous allons vivre une compétition de Monsieur Muscle, avec des méga-meetings, et à ce petit jeu, Jean-Luc Mélenchon, passé maître dans les grands rassemblements, ne se sera pas le moins bien loti, il l’a encore montré hier soir à Toulouse. Deuxième constat, Nicolas Sarkozy a gagné une bataille de communication. Il a transmis au pays son obsession du Premier tour. L’Elysée en a fait l’étalon or, la presse a emboité le pas, et un pléonasme est né. Dans les dépêches ou les reportages, on précise que le candidat socialiste « l’emporterait au second tour », comme si on pouvait gagner au premier. L’emporter au second tour, c’est comme avoir une ascension vers le haut, une descente vers le bas, ou un surplace qui n’avance pas. Mais c’est ainsi. On répète l’expression, comme s’il n’y avait pas deux tours, mais deux élections, gagnables séparément, ce qui est faux. Entre deux tours, ce n’est pas la position de tel ou tel qui est déterminante, ce sont les réserves de voix. En 81 et en 95 le « gagnant » du premier tour a été le perdant du second, donc de l’élection. Le troisième point est plus sérieux, et plus diffus. C’est la manière dont le sortant se présente au peuple pour solliciter un nouveau mandat. Un homme seul face au Français, dans une relation directe. Pas d’équipe dans cette mise en perspective, mais un chef qui prend la plume, « sans aucun intermédiaire » écrit-il dans l’en-tête de sa lettre. Cet adjectif, « intermédiaire », il l’a déjà utilisé, le premier jour de sa campagne, en parlant des « corps intermédiaires », et ces corps intermédiaires, les juges, les syndicats, les élus locaux, il les ouvertement dénoncés dans ses récents discours. Il y a donc comme une esquisse de ce que serait son prochain quinquennat. Moi et vous, et personne entre nous. S’il ne s’agissait que d’un message personnel au moment des élections, un artifice de Président sortant, comme l’a déjà utilisé François Mitterrand en 1988, il n’y aurait là qu’une technique de campagne. Mais cette idée est têtue, elle ressemble à un programme. Un pouvoir de personne à personne, avec personne entre eux. Autant dire un pouvoir personnel.

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