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Jean-François Copé, candidat modeste

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Si la conquête électorale consiste à dire une chose en pensant à une autre, Jean-François Copé est champion olympique. Sa déclaration de candidature à la Présidence de l’UMP, hier dans les Bouches du Rhône, est un modèle du genre.

Le principe de Copé, c’est l’énergie. Son orientation : la droite-toute. Son style : décomplexé. Mais à l’entendre, sa stratégie c’est le renoncement. Il veut tout, c'est-à-dire l’Elysée, qu’il revendique depuis les culottes courtes, tout le monde le sait, tout le monde le dit, il n’a jamais démenti il s’est posé au contraire posé en coproducteur de loi, en associé, pas en collaborateur, pendant tout un quinquennat. Or voilà qu’en réclamant la Présidence de l’UMP, il se présente en serviteur zélé, en vizir qui ne songerait pas au Califat tellement l’ancien Calife est fantastique. Suprême malice, en se dressant à la tribune hier, il a même annoncé qu’il s’effacerait sans état d’âme si l’ancien Président décidait, en 2017, de tenter un second mandat.

On s’était donc trompé de personne. Copé ne serait pas un ambitieux. L’Elysée ne serait pas sa drogue dure. Il n’y penserait qu’en baillant, et pas en se rasant. Il est d’abord un élu local, son objectif c’est une vague bleue pour les municipales de 2014, et ensuite il aimerait se tenir à la Droite du trône, mais pas dessus. Copé serait un soumis, et un grand affectif. Son amour, sa passion, sa mystique, ce serait Nicolas Sarkozy. Pas comme François Fillon qui a pris ses distances et considère tout haut qu’il faut écrire une page nouvelle.

Pourquoi ce zèle soudain du Maire de Meaux à s’afficher en second rôle au moment où il aspire à exercer le premier ?

La réponse est évidente.

La course à la Présidence de l’UMP oppose des candidats déclarés et un candidat subliminal. Il est clair que Nicolas Sarkozy n’a renoncé à rien du tout. Il n’a pas décidé de revenir, c’est trop tôt, mais il met bel et bien en place les conditions de ce retour, au cas où. La condition première, comme il l’a toujours dit, c’est la maîtrise du Parti. Donc l’ancien Président reçoit à sa table, téléphone, écoute, cajole, encourage ou décourage…

Ce qu’il veut, à la tête de l’UMP, c’est un gérant, pas un patron qui lui ferait concurrence, d’où le nouveau rôle endossé par Jean-François Copé. Copé espère devenir grand en se faisant tout petit. C’est Sylvester Stallone recyclé en Bambi.

Il sait que ses chances sont minces, Fillon est le favori. Il tente donc un retournement. Ce qu’il recherche, dans cette élection de militants, c’est que M. Sarkozy, toujours très populaire à l’UMP, le soutienne officiellement, ou en sous-main, d’où cette main qu’il caresse en chantant des berceuses…

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