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Jean-Louis Borloo : tu veux ou tu veux pas ?

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Il est passé par ici, il repassera par là, Jean Louis Borloo est le furet de la précampagne présidentielle. Le furet du nord… (les lillois comprendront)…Il se montre et disparait, il s’engage et ne s’engage pas, il a inauguré son local de campagne, mais sans être candidat. « Etre **ou ** ne pas être », ce n’est pas son dilemme, lui il veut « être » **et** en même temps « ne pas être », puisque ce n’est pas encore l’heure. Entre les deux le cœur du cavalier balance, et plus le temps passe, plus le cavalier balance de vacheries : Il dit que les heures supplémentaires défiscalisées, dernier vestige encore debout du paquet fiscal de 2007, étaient probablement une erreur. Prends ça dans les gencives, cher Nicolas. Il glisse que la TVA à 5% pour les cafetiers restaurateurs n’était pas opportune, qu’en dis tu mon président ? Quant à son lieutenant Dominique Paillé (ici présent), débarqué de l’office national de l’immigration et de l’intégration, il estime que sa mise à l’écart est due à son engagement au centre, et que c’est un exemple très négatif qui donne des arguments aux adversaires du Président. Ajoutez un détail à cette idylle : entre l’UMP et les radicaux qui voudraient s’émanciper, il y a aussi des différents d’argent. Jean François Copé estime que si Jean Louis Borloo mène campagne en dehors de l’UMP il ne peut pas avoir le beurre de sa candidature et le l’argent du beurre de la crémière UMP. Donc Borloo fait campagne, mais à l’envers des traditions. En général, les candidats déterminants conservent jalousement le secret de leur candidature, dans le but de créer l’événement le jour de son annonce. Borloo, lui, fait du tapage avant, il se donne de l’Oxygène, c’est le nom de son local de campagne. Il présente son équipe, Rama Yade, battez tambour, Dominique Paillet, applaudissez, il prend la tête de la confédération des centres, il multiplie les preuves, mais pour dire aussitôt qu’avant l’heure c’est pas l’heure. Tant d’indices concordants, pour une décision indécise, finissent par inspirer un léger doute. Et si l’envie d’aller à la castagne tenait plutôt du « retenez moi ou je fais un malheur ». Et s’il était velléitaire ? Et si la règle était, comme dans la galanterie, que : plus on en parle, et moins on en fait. D’autant que dans les sondages, pour l’immédiat, rien ne prouve que s’il passait à l’acte, si personne ne le retenait, Jean-Louis Borloo ferait vraiment un malheur…
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