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La campagne est-elle vraiment rasoir ?

2 min

A écouter les commentaires, l’électeur serait un crétin nostalgique.

Il changerait tout le temps d’idée. Il n’aurait aucune mémoire. Il vivrait au jour le jour, porté par les événements successifs, gobant des discours préfabriqués par des stratèges en marketing, il serait incapable de se fixer un objectif sans le zapper le lendemain.

Il suffirait qu’un candidat s’adresse à un jeune pour que la jeunesse écoute, à un vieux pour que la vieillesse entende, à un habitant de banlieue pour que les cités l’acclament, qu’il prenne de grands airs pour que le peuple le trouve présidentiel, qu’il attaque la justice pour que la France accuse les juges, etc.

Cet électeur inconséquent serait aussi un nostalgique… Il passerait son temps à regretter le bon vieux temps. Autrefois la campagne présidentielle c’était plus intéressant, voilà le refrain qui passe en boucle. « Abstention » mesdames et messieurs, dans un instant 2002 va recommencer.

« Abstention » car en 2007, quand les uns se moquaient de la bravitude et que les autres dénonçaient le ministère de l’identité nationale, ça avait une autre gueule ! Abstention car en 95 quand Chirac inventait la fracture sociale pour doubler Balladur c’était une odyssée. « Abstention », car en 88 quand Mitterrand berçait le pays avec son ni-ni, ou en 81 quand les politologues déploraient la France coupée en deux, c’était des époques épiques…

Donc l’électeur s’ennuierait ferme aujourd’hui. Pardonnez le terme, la campagne serait emmerdante.

En janvier le candidat centriste a bousculé le débat avec son produire en France, depuis février et mars le candidat front de gauche provoque une poussée de fièvre inédite, en mai le Président sortant sera peut-être réélu ce qui aurait des conséquences majeures, à moins que le candidat socialiste ne le vire de l’Elysée, ce qui ferait les unes de la presse du monde entier, mais le mot d’ordre est qu’il faut s’ennuyer.

Or même le sortant l’aura noté, lui qui se présente avec un certain culot comme un candidat anti-système :

Il y a comme un décalage entre le ronron du discours dominant et l’envie des électeurs de tout envoyer valser. On ne sait pas où on va, ça déprime les spécialistes qui ne savent plus où donner de la prophétie, mais on y va quand même. C’est ce qui rend cette élection si particulière, et qui promet, contrairement à ce que distille la morosité officielle, d’en faire le rendez-vous le plus intéressant que la France ait sans connu depuis Mai 81.

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