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La droite face à ses responsabilités, par Frédéric Métézeau

2 min

Quand les politiques convoquent l'Histoire, le remède est souvent pire que le mal. Soit en banalisant cette Histoire, soit en obtenant l'inverse de ce que l'on dénonce. Par exemple, en lançant un appel au civisme et au redressement, certains représentants de l'UMP semblent souhaiter tout le contraire. La retenue de la droite républicaine lors de la démission de Jérôme Cahuzac n'aura pas duré longtemps, la manif pour tous s'est radicalisée, et voilà des élus et des militants UMP qui fustigent la Justice et la Police, ce qui est inédit. Côté références historiques, quand Henri Guaino déclare "On va finir dans la grande dépression des années 30" ou quand François Fillon évoque "une crise de régime", on s'interroge et l'on se demande s'ils ne préfereraient pas justement voir l'exécutif tomber comme un fruit trop mûr. Et Jean-François Copé pourrait sembler sincère quand il en appelle à "une logique d'union nationale" si seulement il réalisait déjà l'union à l'UMP. Taper sur la majorité, c'est normal quand on est dans l'opposition mais à terme le Hollande bashing (tout comme le Sarko bashing) affaiblit la présidence de la République, la politique en général et donc pas seulement le pouvoir socialiste. Un tour sur les réseaux sociaux est encore plus convaincant : les rumeurs et les attaques sont bien plus vives et parfois franchement déguelasses. Lors de l'élection présidentielle de 1965, le Général De Gaulle avait refusé de laisser publier une photo de François Mitterrand avec le Maréchal Pétain, pour ne pas entacher l'institution au cas où Mitterrand serait élu. La droite d'aujourd'hui, les petits-enfants ou les petits-neveux du Général pourrait s'en inspirer et ne pas tomber dans les outrances de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche attaquant les 17 salopards de l'Eurogroupe et Pierre Moscovici "celui qui a un nom, qui a une adresse". La droite n'en est pas là mais plus très loin, le procès en illégitimité n'est jamais loin or François Hollande a bel et bien été élu et Nicolas Sarkozy battu et la vie interne à l'UMP devrait l'inciter à un peu plus d'humilité comme nous le rappellent "la guerre des deux droites" d'Hubert Huertas ou le tout récent "Coup Monté" de Carole Barjon et Bruno Jeudy. Dans un pays non pas bi-polaire mais bi-partisan du fait des institutions, chaque grand parti a besoin de son "meilleur ennemi" sous peine de casser le système. C'est une question d'hygiène politique, de salubrité démocratique.

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