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La fin de la droite qui n'avait pas de complexe

2 min

La semaine qui s’achève rentrera dans l’histoire. Elle a transformé la chronique politique en chronique fait divers, et cela dans le parti de l’ordre. Et elle a carbonisé une notion devenue à la mode via Jean-François Copé, mais revendiquée par François Fillon : celle d’une droite décomplexée pour l’un et sans complexe pour l’autre. Au bout de cette semaine inimaginable, il s’avère que « sans complexe » cela veut dire « sans scrupules ».

Le plus piquant, et le plus significatif, est d’ailleurs que les décomplexés aient fait appel au « sage Alain Juppé », c'est-à-dire à l’antithèse de la droite bruyante, sortie gagnante de ce scrutin interne. M. Juppé, qui a le tort de traîner une condamnation pour les uns, mais qui pour les autres a sacrifié sa carrière par fidélité, est un homme qui mesure ses paroles, et qui passe, dans ses bons jours, pour parler haut en s’exprimant à voix basse. Pour un peu, Alain Juppé serait l’archétype de la Droite complexée, au sens copéiste du terme. Celle qui s’encombre de principes.

C’est à ce silencieux que les bruyants ont fait appel.

Il faut dire que le vacarme devenait intenable.

Si l’on s’en tient aux déclarations des dirigeants que les télévisions tout info ont passé en boucle dans la seule journée d’hier, l’UMP est donc composée de fraudeurs, de tricheurs, de bourreurs d’urnes, de Président de commission de contrôle qui admet avoir oublié des résultats qui inverseraient le résultat, mais qui ne l’inverse pas dans la mesure où il y a eu des irrégularités partout, c’est ce qu’il a dit, de commission d’appel dirigée par l’ami d’un candidat par ailleurs à la tête du parti, et cette confrérie de menteurs (c’est eux qui le disent, pas moi) en appellerait en permanence à la règle, aux statuts. Les statuts, les statuts, les statuts, c’était l’élément de langage du jour. Tout le monde hors des clous, dans un désordre indescriptible, et le haut parleur qui répète : « les clous, les clous, les clous ! »

Et ce qui frappe dans ce niveau sonore c’est qu’il n’est pas nouveau. La droite décomplexée de M. Copé ou la droite sans complexe de M. Fillon parle de ses problèmes gastriques avec la même puissance qu’elle parlait des problèmes de la France depuis le mois de mai dernier.

Depuis qu’elle est dans l’opposition, la droite de cette semaine avait trouvé la lumière. Elle savait exactement ce qu’il fallait faire pour sortir le pays de la crise où elle l’avait laissé, et elle le disait fort, fort, fort, sans complexe, avec l’assurance de ceux qui savent et se moquent des ignorants.

L’emballement de cette semaine lui donnera peut-être l’occasion d’un examen de conscience, d’un peu de modestie, d’un mea culpa, cette notion qui convient aux racines chrétiennes qu’elle se plait à mettre en avant.

Et si elle préfère une réflexion laïque l’UMP décomplexée, et désormais à la dérive, pourra toujours se souvenir de cette phrase magnifique rappelée par Albert Camus, quand son père lui disait : « Un homme, ça s’empêche… »

Un parti ça peut aussi…

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