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La fin des partis politiques ? Par Frédéric Metezeau

2 min

Il est certain que les partis, tels que nous les avons connus, tendent à disparaître, le problème étant de savoir si ceux qui les dirigent en ont bien pris conscience. La semaine dernière, l'UMP a décidé à son tour d'organiser des primaires ouvertes pour désigner son candidat à la présidentielle de 2017. Désormais, les deux principaux partis de gouvernement ne choisiront plus leur candidat à l'élection suprême, ni même à certains scrutins locaux comme les municipales dans certaines villes l'année prochaine. Reste encore le débat d'idées. Mais le niveau ne vole pas forcément très haut comparé à celui des think-tanks et quand émergent de vrais débats de fond (mariage gay, cannabis, modulation des allocations familiales, financement des mosquées, réforme des retraites) les grands partis se braquent pour ne pas choquer leur "base". Enfin, une fois au pouvoir, un président de la République s'essuie aimablement les pieds sur les contributions venues de son parti d'origine. Pendant toute la campagne de 2012 Jean-François Copé nous expliquait que le projet de l'UMP n'était pas celui du candidat Sarkozy mais une simple boite à outils à sa disposition, dans laquelle il pouvait piocher ou non. Au PS ce n'est pas mieux quand ce pauvre Harlem Désir s'égosille à demander tout de suite le non-cumul des mandats, bien loin de bénéficier du même traitement que Lionel Jospin premier secrétaire du PS sous Mitterrand et François Hollande premier secrétaire du PS sous Jospin. Bien sûr, depuis un mois il participe tous les lundis soirs à une réunion de coordination à Matignon avec Jean-Marc Ayrault, mais avec 7 ministres, les présidents de groupes parlementaires, le numéro 2 du PS et même Jean-Christophe Cambadélis son ex rival pour la place de numéro 1, comme l'écrit Le Monde : "Dans ce conseil d'administration socialiste, Harlem Désir n'est donc qu'une voix parmi les autres. Dans ce contexte, à quoi servent les partis politiques qui coûtent coûtent cher à l'Etat (75 millions d'euros par an) ? A l'UMP, au-moins, on a-t-on réfléchi, car l'on est souvent plus créatif et plus imaginatif dans l'opposition. Jean-François Copé a lancé sa "révolution civique" et propose que l'UMP assure une aide aux victimes d'agressions ou du soutien scolaire, proposition détonante en France beaucoup plus proche de la big society de David Cameron en Angleterre mais c'est peut-être du côté des Etats-Unis que les partis français devraient regarder, avec ses mandats présidentiels de 4 ans et ses primaires institutionnalisées. Les partis politiques tournent à plein régime pendant les primaires et pendant les élections, le travail de réflexion se fait dans les think tanks remarquables mais les parlementaires sont beaucoup plus libres et beaucoup moins tenus à la discipline partisane. Là-bas les partis ont aussi renoué avec une culture que l'on pensait disparue, celle du militantisme, car les réseaux sociaux n'ont pas tué le porte à porte, bien au contraire. Moins riches, moins pléthoriques, plus inventifs, plus connectés et plus présents dans les rues et les cages d'escaliers, et si c'était cela les partis politiques du XXIème siècle ?

Frédéric Métézeau

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