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LA GRANDE SEMAINE EUROPEENNE

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C’est une grande semaine européenne qui s’achève. En France, avant-hier, le traité budgétaire a été adopté à une majorité écrasante. Il a pour vocation de durcir les contraintes pour encadrer les déficits. Mais depuis Tokyo, le lendemain, la patronne du FMI, Christine Lagarde, s’est déclarée prête à donner plus de temps à la Grèce. Ce qui revient à alléger les fameuses contraintes, d’ailleurs l’Allemagne n’est pas d’accord.

Ces messages contradictoires expriment sans doute toute la distance entre le souhaitable, selon la norme règlementaire, et le réalisable, appliqué à la vie réelle. La question qui se pose inévitablement est celle de la viabilité du fameux traité.

En France, cette distance entre le pays théorique et le pays réel se lit d’abord dans le vote de l’assemblée. 490 députés ont voté pour le traité, assorti de ce qu’on appelle la règle d’or. 34 ont voté contre. Cela veut dire que 93% de la représentation nationale approuve. De là à penser que les français auraient voté dans les mêmes proportions, il y a un pas que personne ne franchira. Ce vote exprime donc davantage une distorsion politique qu’une volonté du peuple.

L’autre distorsion, cette fois contenue dans le traité lui-même, rejoint l’assouplissement proposé par le Fond monétaire international. Ayant été abondamment aidée, et abondamment prévenue, la Grèce devrait, en toute logique règlementaire, être mise immédiatement devant ses responsabilité, pour obtenir une aide supplémentaire dont elle a besoin d’urgence.

Puisqu’elle n’est pas au rendez-vous, la logique est de lui couper les vivre. Pas prête, pas de sous. Punie. Le problème c’est que sans aide la Grèce serait en faillite, et qu’en cas de faillite c’est toute la zone Euro qui se trouverait dans la tourmente, on connaît l’engrenage.

Or la fameuse règle d’or contient exactement le même genre de mécanisme. Elle impose un budget équilibré à un demi-point prêt, assorti de sanctions en cas de dérapage. Que se passera-t-il si un pays, confronté à des déficits, s’autorise des souplesses ? Il sera sanctionné. Comment ? En payant des amendes très lourdes. Ainsi, celui qui aura un trou dans ses comptes, devra le creuser davantage.

Autrement dit, si un pays est étranglé, y compris par sa faute, s’il est pendu au bout d’une corde de déficits, il sera passé à la chaise électrique pour retrouver la forme.

C’est un peu ce qui se passe en Grèce, sur la santé laquelle se penche les médecins communautaires, depuis plusieurs années. Les effets du traitement de cheval se font sentir dans les statistiques publiées hier : 25,1% de la population grecque était au chômage contre 17,8% l’année d’avant.

Il est clair que ça va mieux…

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