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La grève de la faim et l'impuissance des politiques, par Frédéric Métézeau

2 min

Jusqu’aux années 80, la grève de la faim était l’arme des faibles dans un conflit asymétrique.

Les suffragettes, Gandhi, les activistes de l’IRA, les travailleurs turcs en France, tous confrontés à l’Etat et au pouvoir politique, plus fort, mieux armé, mieux organisé disposant du monopole légal de la force, mais aujourd’hui, c’est un politique qui cesse de s’alimenter, couronnant l’impuissance de ces maires de villes moyennes. Les maires, nous dit-on, sont les élus les plus appréciés des français, désignés avec des taux de participation élevés et les plus proches de leurs administrés. Pourtant, que pèsent ces maires de villes défavorisées face aux banques, face à l’Etat et au législateur ?

Aujourd'hui dans ces banlieues le politique est faible. La décentralisation devait leur donner plus de pouvoirs, ils ont obtenu beaucoup de nouvelles compétences mais pas toujours les moyens nécessaires. Les communes les plus pauvres sont devenues encore plus pauvres et leurs maires de moins en moins audibles. Cela fait plusieurs semaines que Stéphane Gatignon se bat pour que la dotation de solidarité urbaine augmente plus que prévu, pour que les "petits" maires aient voix au chapitre, quand les "grands" maires socialistes de Paris, Lyon, Grenoble et Dijon écrivent à Jean-Marc Ayrault pour dénoncer je cite "la montée trop rapide" de la dotation de solidarité urbaine à laquelle ils contribuent, comme nous l'apprend "Le Parisien Aujourd'hui en France"

Les échanges rugueux de Stéphane Gatignon avec le ministre de la ville ne faisaient pas la une, aujourd’hui c’est le cas. Malgré un député communiste, un conseil général socialiste et un gouvernement de gauche, Stéphane Gatignon ne se sentait plus écouté. Maire et conseiller régional, sa voix ne portait pas assez, et cela ne devrait pas s’arranger avec la fin du cumul des mandats : un député-maire dispose d’une tribune nationale pour se faire entendre. Aujourd’hui la tribune d'un maire est une petite tente.

Coup de com ? Bien sûr. Gatignon est spécialiste du genre - dépénalisation du cannabis, casques bleus pour sécuriser sa ville - mais le coup de communication est, comme la grève de la faim, l'arme ultime des politiques les plus faibles.

Frédéric METEZEAU

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