LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La grève des enseignants du privé

3 min

Les enseignants de l’école privée seront en grève aujourd’hui, eux aussi, et c’est un événement, relevé par tous les médias, mais que le ministre de l’éducation nationale réduisait la semaine dernière au rang d’information banale, sur notre antenne. Aussi banale que le basculement du sénat à gauche.

Quel rapport entre ces deux événements ? C’est simple : Ils inversent les habitudes. Ce n’est pas la gauche qui s’en prend à la droite, mais la droite qui s’attaque à elle-même. L’image est peut-être un peu caricaturale, car tous les élus sans étiquette, maires des petites communes de France ne sont pas automatiquement de droite. Et toutes les écoles privées ne sont pas des officines de l’UMP.

Mais il y a les grands courants. Les petits maires votaient plutôt à droite aux sénatoriales, et les enseignants des écoles privées faisaient beaucoup moins grève que leurs collègues du public. Or le courant s’est inversé.

Les petits maires de droite ont fait basculer le sénat à gauche, et les petits profs du privé feront grève comme les autres.

Il y a donc de la transgression dans l’air… De quoi se plaignent ces mécontents ? D’être décimés, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire éliminés à l’aveugle. Les petits maires supportent mal d’être repris en main par les préfets. Et les petits profs du privé dénoncent les réductions de poste au hasard des départs en retraite.

Dans les deux cas, le gouvernement explique que ses décisions, pour douloureuses qu’elles soient, sont clairement indispensables. Ce diagnostic n’est d’ailleurs pas absurde en soi : Il est possible que la division de la France en 36000 communes, réparties dans un mille feuilles de collectivités, entraine des gaspillages. Et il n’est pas exclu que le quantitatif ne soit pas une garantie de qualité.

Mais il y a une certaine manière d’imposer les solutions. On décrète en pleine crise la suppression de la taxe professionnelle même si elle creuse des trous dans les budgets locaux. Et on s’obstine à réduire le nombre de profs, au couperet arithmétique, même quand cela pose des problèmes insurmontables.

Le Chef de l’Etat explique que c’est son cap, et qu’il lutte contre les conservatismes arc-boutés sur leurs petits privilèges. Ce refrain ne date pas d’hier. Pour dépasser ces blocages, Charles de Gaulle avait par exemple inventé le passage en force par le référendum, en mettant chaque fois sa tête sur le billot. Nicolas Sarkozy fait un peu la même chose, mais c’est la tête de ses amis qu’il fait couper à chaque consultation. Lui, il passe en force, il défie ceux qui protestent, il se vante de ne pas céder, et du coup chaque élection se transforme en référendum où ses amis sont raccourcis.

Municipales, régionales, sénatoriales, chaque fois la réponse est "non".

Le prochain référendum aura lieu en mai prochain.

.

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......